La résistance sociale debout, dans la durée (+galerie)

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Ce 12 mai, des dizaines de milliers de personnes se sont une nouvelle fois réunies à Bruxelles pour dénoncer les mesures antisociales du gouvernement Arizona. Dans les rues de la capitale, la colère reste intacte. Le mouvement, dans sa durée, est inédit. « L’Arizona, on n’en veut pas », scandent de nombreux manifestants. On tire à boulets rouges sur les politiques d’austérité, les attaques aux services publics, aux soins de santé, aux pensions… Derrière les slogans, un même ras-le-bol généralisé.

Dans la foule, les vestes des trois syndicats bien sûr, mais aussi de nombreux groupes de jeunes, de soignants venus en nombre, de travailleurs et travailleuses des services publics, d’associations et de mouvements citoyens issus de tout le pays. Une mobilisation large, portée par une multitude de revendications sociales.

Depuis 2025 et la mise en place du gouvernement Arizona, un mouvement social d’ampleur continue de traverser le pays. Syndicats, société civile, mouvements citoyens: les mobilisations se succèdent depuis des mois à travers des journées d’action, des grèves et des manifestations nationales, sans que la dynamique ne faiblisse.


« Ils ne savent pas ce qu’on vit »

Nous rejoignons Hassan, délégué syndical chez Horval depuis de nombreuses années. Fier de le dire, il en est « à son cinquième mandat », et il participe une nouvelle fois à cette manifestation nationale. « Je suis toujours là, notamment par rapport à la réforme des pensions. J’ai l’impression que dans ce gouvernement, ils ne savent pas ce que vivent – et à quel point souffrent – les ouvriers. Ils ne savent pas que ce n’est pas possible de travailler jusqu’à 67 ans. Et en plus, ils veulent nous imposer un malus. C’est contre ça que je suis là, et qu’on est nombreux ici aujourd’hui. »

Quelques mètres plus loin, Dina, déléguée CG, partage la même inquiétude. « Ce gouvernement, avec ce qu’il veut faire avec les pensions, s’attaque particulièrement aux femmes. Les femmes sont malmenées, attaquées de partout. Aussi avec le saut d’index ! Aujourd’hui, je suis là pour défendre les droits de toutes les femmes ! »

Un gouvernement sourd au long cri de la rue

Dans le cortège, le ton est donné. On crie, on scande des slogans, on joue de la musique, on danse aussi. Tous les moyens sont bons pour faire entendre, paisiblement mais avec force, la colère et le ras-le-bol face à un gouvernement qui continue d’ignorer le cri de la rue.

Steve, lui aussi présent dans la manifestation, résume un sentiment largement partagé : « Que ce soit l’âge de la pension, ou la chasse aux malades de longue durée, toutes ces mesures complètement antisociales, on ne peut pas accepter ça », nous dit Steve, également délégué CG.


« Une société ne peut pas devenir une casse automobile où l’être humain ne vaut plus que pour les pièces qu’on peut encore en récupérer. Nous continuerons à nous battre pour un pays où la solidarité reste plus forte que la logique du broyeur, et où les travailleurs ne sont pas écrasés par le système. »

— Bert Engelaar

Sur le podium, le président de la FGTB, Bert Engelaar, a également pris la parole devant les manifestants. « Après quarante-cinq ans de route, beaucoup de travailleurs arrivent déjà complètement usés. Des ouvriers avec le dos détruit. Des infirmières épuisées. Des travailleurs de nuit cassés physiquement. Puis un ministre arrive et explique tranquillement que le moteur devra encore tenir quelques centaines de milliers de kilomètres supplémentaires. Même dans une casse automobile, on traite parfois les vieilles carcasses avec plus de respect. »

Une chose apparaît désormais clairement : loin de s’essouffler, le mouvement social s’inscrit dans le temps, et ce, malgré le silence et le mépris du camp d’en face.

La manif en images

Aurélie Vandecasteele
Rédactrice en chef, Syndicats Magazine, FGTB |  Plus de publications

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