La pension, c’est pour quand? Et c’est combien ? 10 questions pour tout savoir

La pension, c’est pour quand? Et c’est combien ? 10 questions pour tout savoir

La pension… Pour certains c’est pour demain, pour d’autres c’est loin, mais ça n’en reste pas moins une étape importante de la carrière et de la vie. La lutte pour des pensions dignes pour toutes et tous est cruciale. Alors faisons le point, ici, sur le sujet. Un dossier complet, en 10 fiches, est disponible sur le site de la FGTB.

1. La pension, c’est pour quand ?

En Belgique, l’âge officiel de départ à la pension est de 65 ans. Toutefois, la loi prévoit une augmentation progressive de l’âge de la pension à 67 ans : 66 ans à partir de 2025 et 67 ans à partir de 2030.

Rappelons que 67 ans, c’est plus que l’espérance de vie en bonne santé en Belgique. Celle-ci est actuellement de 65 ans en moyenne.

2. Et on peut partir plus tôt ?

Oui, si le nombre d’années de carrière est suffisant. Il s’agit d’exceptions pour les carrières longues, démarrées très tôt. On peut quitter à 60 ans si on totalise 44 années de carrière ; à 61 ans ou 62 avec 43 années de carrière ; à 63 ans avec 42 années de carrière.

Un départ anticipé à la pension a des conséquences financières. Partir après 42 ans de carrière signifie recevoir une pension équivalente à 42/45ème d’une pension complète.

Le projet de réforme de la ministre des Pensions fait état d’une condition unique de 42 années de carrière pour accéder à un départ anticipé. Qu’en pense la FGTB ?« C’est une avancée. Parce que cela met fin à la discrimination des travailleurs qui ont eu une scolarité brève et ont commencé à travailler très tôt. La condition unique de 42 années permettrait à environ 6000 personnes, chaque année, de prendre une pension anticipée à 60, 61 ou 62 ans. Ce n’est pas négligeable. Mais c’est insuffisant. Parce que cela ne prend pas en compte le caractère « pénible » ou « lourd » du travail, ni le fait que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas la même selon qu’on a un niveau de qualification élevé ou faible. »

3. Je fais un métier pénible. Ça compte ?

Non, pas en règle générale. Aucune mesure spécifique ne permet de valoriser le travail pénible dans l’ouverture de l’accès à la pension. On sait pourtant que la pénibilité du travail a un impact sur l’espérance de vie en bonne santé. Charge de travail physique, travail de nuit, travail en équipes, risques pour la sécurité, charge psychosociale… Autant de critères qui, selon la FGTB, doivent absolument être pris en compte dans le calcul de la pension légale. Et qui devraient permettre de partir plus tôt à la pension, sans perte de droits.

Il existe toutefois des « amortisseurs ». Dans le secteur privé, le régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC ou ex-prépension) est accessible à partir de 60 ans sous certaines conditions : 20 ans de travail de nuit, 5 ans dans un métier lourd au cours des 10 dernières années, 7 ans dans un métier lourd au cours des 15 dernières années, ou après une déclaration d’inaptitude dans le secteur de la construction. Par métier lourd, il faut entendre : travail de nuit, travail en équipes et services interrompus. Il existe aussi le RCC médical, accessible sous conditions à partir de 58 ans.

4. La pension miminale à 1500€ figurait parmi les revendications phares de la FGTB. Objectif atteint ?

Oui ! C’est l’une des plus grandes victoires syndicales de ces dernières années. Au printemps 2024, la pension minimale garantie passera à 1584 euros brut (+11% en 4 ans), ce qui représente environ 1500 euros nets pour une personne seule. La garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA) atteindra quant à elle 1412 euros brut en 2024 (soit + 10,75% en 4 ans). Attention ! Il s’agit ici de montants pour une pension complète.

5. Quelles sont les conditions nécessaires à l’ouverture des droits à cette pension minimum garantie ?

Arrivé à l’âge de la pension, un salarié du secteur privé a droit à une pension minimum garantie s’il a presté 2/3 d’une carrière complète de 45 ans (30 ans).

Autrement dit, une personne qui peut justifier 30 ans de carrière – toutes périodes effectivement prestées et assimilées* confondues – aura droit à 2/3 de la pension minimum de 1500 € (ou plus, si ses conditions de carrière le permettent).

Chez les personnes qui n’atteignent pas ces 30 années, le calcul de la pension se fait tout simplement en fonction de la rémunération perçue au cours de la carrière (incluant les assimilations), sans qu’un prorata de la pension minimum ne s’applique.

Les périodes dites assimilées permettent de compenser celles qui n’ont pas été effectivement prestées par le travailleur, comme les périodes de chômage, de maladie, les congés parentaux, certains crédits-temps… Une partie de la droite, flamande notamment souhaite désormais que 20 des 30 années nécessaires à l’ouverture des droits soient du travail effectivement presté. C’est une attaque au système de périodes assimilées. Dans ces conditions, environ la moitié des bénéficiaires actuels perdraient le droit à une pension minimum, parmi lesquels une grande majorité de femmes, qui ont à un moment ou l’autre interrompu leur carrière pour des raisons familiales.

6. Le bonus pension, c’est quoi ?

Il s’agit d’une incitation financière à travailler plus longtemps. Les personnes qui remplissent les conditions pour prendre leur pension anticipée, mais qui choisissent de continuer à travailler reçoivent un « bonus » qui s’ajoute au calcul de leur pension légale. Pour l’instant, ce bonus n’est plus mis en pratique car le gouvernement Michel I’a supprimé à partir du le 1er janvier 2015. La ministre des Pensions souhaite le réintroduire via un bonus de 2 euros brut par jour travaillé et ce, pour tous les régimes : salariés, indépendants, fonctionnaires.

7. Diminuer son temps de travail en fin de carrière : que penser de la pension à temps partiel ?

Le gouvernement envisage la mise en place d’une pension à temps partiel. De quoi parle-t-on ? Il s’agirait de réduire son temps de travail en fin de carrière, et à accéder anticipativement à une partie de sa pension légale. Celle-ci qui viendrait en complément du salaire perçu. Il s’agit d’un piège sur le plan financier ; le montant de la pension à temps partiel serait calculé sur la base de la situation au moment où le travailleur la prend. Ce montant, figé, ne serait pas recalculé une fois l’âge de la pension atteint. La FGTB s’oppose à ce système.

« Nous avons négocié un système bien plus avantageux pour les travailleurs et travailleuses : les emplois de fin de carrière. C’est une forme de crédits-temps permettant une réduction du temps de travail dès 55 ans.Ils sont accessibles après une carrière de 35 ans ou en cas de métier lourd ou encore dans les entreprises en restructuration/en difficultés. Pour les autres, c’est possible dès 60 ans. Ce système permet de continuer à accumuler des droits pour sa pension comme un travailleur à temps plein. Il est donc beaucoup plus avantageux que la pension à temps partiel. »

8. Les pensions, c’est payable ?

Oui, absolument. Les dépenses liées aux pensions vont inévitablement augmenter au cours des prochaines décennies, d’environ 14 milliards d’euros par an d’ici à 2050. Mais comme la productivité et les richesses sont en augmentation constante, cet investissement est tout à fait possible. Le montant consacré aux pensions légales relève donc d’un choix de société.

« Pour la FGTB, la clé du débat sur le vieillissement de la population se trouve du côté des sources de financement. Il y a trop de fuites dans le financement de la sécurité sociale. Les importantes réductions de cotisations sociales patronales (environ 6 milliards d’euros) et les rémunérations alternatives sur lesquelles aucune cotisation n’est prélevée (environ 7 milliards d’euros), doivent être remises en question. »

9. Quelles sont les propositions de la FGTB pour augmenter la pension légale ?

Premièrement, augmenter le taux de remplacement (du salaire qui n’est plus perçu). Par rapport à d’autres pays, les pensions belges sont très basses. Le taux de remplacement brut (le rapport entre le salaire de fin de carrière et la pension légale) est en moyenne de 43 % pour les hommes et de 47 % pour les femmes. Plus le salaire est élevé, plus le ratio diminue. La pension légale, dans le secteur privé, ne garantit donc pas de pouvoir garder son niveau de vie après le départ à la pension. Pour les fonctionnaires, le taux de remplacement brut est en moyenne de 70 %. C’est pourquoi la FGTB souhaite rapprocher le taux de remplacement des pensions du secteur privé de celui des fonctionnaires statutaires.

Deuxièmement, augmenter le plafond de calcul. À court terme, la FGTB veut aligner le plafond de calcul des pensions des salariés sur celui des indépendants. Les salariés paient des cotisations de sécurité sociale sur l’ensemble de leur salaire, mais ne se constituent des droits pour leur pension que jusqu’à un plafond de 60.027 euros par an. Ce plafond est plus élevé chez les indépendants. Qui en plus, ne cotisent pas sur les revenus supérieurs à 89.362 euros.

10. Que penser de la pension complémentaire ?

Près de deux tiers des salariés belges se constituent une pension complémentaire – ou assurance groupe – au niveau de l’entreprise ou du secteur. C’est ce que l’on appelle le deuxième pilier de pension. Au 1er janvier 2020, le travailleur moyen ne disposait que de 3.344 euros de réserves via ce système. Cela correspond à 15 euros par mois comme supplément à la pension légale. Pour la majorité des travailleurs, ce deuxième pilier ne constitue donc qu’une aumône. Pour la FGTB, le deuxième pilier de pension n’est pas une priorité. « Nous voulons surtout renforcer le financement du système des pensions légales (dit premier pilier). Parce qu’il est plus juste, plus sûr et plus solidaire. »

18 réactions sur “La pension, c’est pour quand? Et c’est combien ? 10 questions pour tout savoir

  1. J’ai 73 ans et je continue à travailler a temps plein et quand je vais prendre ma pension ils vont me taxer plus parceque je dépasse le plafond !!!! Ce n’est pas normal !!!!! Nous sommes gouvernés par des politiciens de merde merci

    1. C’ est la Belgique??? j’ ai travaillé pendant 40 ans en étant taxé à + de 30% et maintenant en tant que pensionné je paie toujours et encore 17% sur ma pension……………..!!!!!!

  2. Un ex-mari alcoolique et parent aliénant à qui la justice donne la garde principale d’un enfant 2 mois avant sa majorité, fraude le fisc pour se placer en situation financière faible afin de réclamer une pension alimentaire à la mère statutaire. Peut-on faire une saisie sur salaire alors qu’elle est en invalidité et que ses revenus sont de 1227€ avec encore un fils majeur (à charge)aux études? Merci de votre réponse.

  3. Bonjour je peux prendre ma pension anticipé en mai 2023,puis-je continuer à travailler encore un an de plus sans devoir travailler jusqu’à mes 67 ans Adam Pascal

  4. Mon épouse a commencé a travailler a 16 ans elle est de 02/64 elle a ete conjointe aidante de 1985 a2004 et de nouveau salarie de 2006 jusqu’à maintenant elle va devoir travailler/cotiser jusquent 2031 pour avoir une pension minimum elle a élevé 2 enfants pendant qu’elle travaillait au magasin et pendant cette période on lui marque carrière inconnue elle est profondément choquée

  5. Bonjour,
    même problème pour moi :
    j’ai quitté l’école à l’âge de 14 ans (je suis née en 1967) ,j’ai ensuite travaillé pour ma mère qui tenait un restaurant , jusqu’à l’âge de 21 ans elle n’était pas obligé de me déclarer car ce n’était pas obligatoire pour les enfants.
    Au service des pensions l’ont m’a répondu qu’elle n’avait payé aucune cotisations pour moi donc que ses années là n’était pas reprises pour ma pension future.
    Comment aurait-elle pu payer des cotisations puisqu’elle ne devait pas me déclarer…et pourquoi les politiques disent que ses années sont reprises en compte alors que ce n’est pas le cas !!!!!!
    C’est 7 années que j’ai travaillé autant qu’un étudiant universitaire.
    Qu’en est-il exactement alors des années travaillées en tant que AIDANT ???
    Merci svpl d’éclairer ma lanterne.
    Catherine.

    1. Bonjour,
      En effet, la plupart des conjoints et parents aidants ne se sont pas constitués de droits à la pension propres avant 2005. Les années avant cette date ne sont pas prises en compte dans le calcul d’accès à la pension minimale garantie. Des propositions sont sur la table concernant ce problème, mais nous vous conseillons de vous adresser à une caisse d’assurance sociale pour indépendants, en vue d’en savoir plus.

  6. Bonjour en avant travailler depuis le 01/09/1974 sans avoir jamais etait chomeur je doit attendre le 01/10/2026 pour avoir ma pension complete cela ferait 52 ans de travail je trouve que c’est quand meme exagerer non ???

  7. bonjour une question j ai plus de 20annees de travail de nuit mais apres un divorce je n ai plus de fiche paie le prouvant comment faire pour les retrouver et en plus mon usine a fait failltte en 2009 mer ci de votre reponse

  8. Bonjour, je suis né en 1964 et j’ai travaillé durant 2 ans comme étudiant quant j’avais 16 ans et j’étais déclaré.
    A mes 18 ans, j’ai arrêté mes études et j’ai travaillé à temps plein.
    Ma question: ces 2 années là comptent-elles dans le calcul pour pouvoir bénéficier d’une pension anticipative?
    Merci pour votre réponse.

    1. Bonjour,

      En principe, le travail d’étudiant ne compte pas pour la pension légale, car il n’est pas soumis aux cotisations sociales normales.
      Nous vous suggérons de jeter un coup d’œil au site mypension.be. Vous y trouverez une estimation provisoire de votre pension légale.

  9. Quid des pensions supérieures à 1500 €, exemple (1600€) pour une carrière complète y aura t’il également une petite augmentation ? (On peut rêver) .

    1. Bonjour,
      Pour les pensions actuelles, il existe 2 types d’augmentations : les indexations automatiques et les augmentations dans le cadre de l’enveloppe bien-être (tous les 2 ans).

  10. Né en 64, études terminées en 83, j’ai été chauffeur poids lourds de chantiers et international dans les années 80-90, j’ai également travaillé dans la construction dans les années 90-2000, entrecoupé de périodes de chômage; et enfin , je cumule une 20taine d’années ( dont 4 à 1/2temps + un RC complémentaire) comme technicien théâtre itinérant; càd des horaires décousus et très souvent dépassant les 12h/prestation. Actuellement en arrêt de travail médical, cassé physiquement de partout, je m’interroge sur mes droit à une pension anticipée et au montant d’indemnité auquel j’ai droit. Il m’est impensable de continuer encore 4-5 ans dans le domaine et je ne vois pas qui m’engagerait sans autre qualifications… à près de 59 ans. Quelles sont les conditions pour un RCC médical et à quoi donne-t-il accès? Merci!

  11. Suite à mon premier commentaire, comment, quand, et que faire pour bénéficier des droits à la pension pour du travail effectué à l’étranger? En effet, lorsque j’étais routier, j’ai travaillé environ 1 an et demi pour un transporteur italien et environ un an pour des luxembourgeois. Ces indemnités sont-elles comprises dans le calcul belge ou viennent-elles en sus? Lors des dernières inondations, j’ai perdu beaucoup de docs et je n’ai pas toutes les dates.

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