Libertés syndicales, pouvoir d’achat et radicalité au cœur du congrès de la FGTB

Libertés syndicales, pouvoir d’achat et radicalité au cœur du congrès de la FGTB

Ce vendredi 3 juin s’achevait le congrès de la FGTB. Libertés syndicales, pouvoir d’achat, lutte contre l’extrême droite étaient au coeur de ces deux journées de discussions. 1500 congressistes, délégués, militants se sont réunis au Heysel.

Résistants, face au capitalisme

« Par respect pour nos prédécesseurs et pour l’ensemble du monde du travail, ayons pour mission d’être et de rester des résistants face au rouleau compresseur du capitalisme que nous connaissons aujourd’hui », disait Thierry Bodson, président réélu de la FGTB, dans son discours de clôture. Résistance face au capitalisme, à l’extrême droite, aux attaques contre les libertés syndicales. Résistance aussi, face aux discours et actes de la droite et du patronat.

Ce congrès a évidemment été l’occasion de rappeler à quel point l’augmentation du pouvoir d’achat pour toutes et tous est une nécessité, en cette période d’inflation inédite. Les factures d’énergie et autres continuent de tomber et d’étouffer les travailleurs et travailleuses. De nombreux militants et délégués se sont succédé sur scène pour évoquer les difficultés rencontrées par l’ensemble du monde du travail. « Beaucoup trop de travailleurs nous disent ‘ça ne va pas’. On ne peut pas continuer à vivre dans une telle société. Il faut s’accrocher à nos revendications, ne rien lâcher. C’est comme ça qu’on défend le monde du travail. Et aussi qu’on lutte contre l’extrême droite. »

Radicalité

« Car lutter contre l’extrême droite, le fascisme, le racisme, c’est aussi lutter contre le capitalisme. Oui, nous devons et voulons défendre le cordon sanitaire sans la moindre concession. », poursuit Thierry Bodson, taclant au passage un président de parti de droite prompt à bien vite dénouer cette protection contre les discours extrêmes, « pour faire le buzz pendant 24 heures ». Citant Angela Davis, il persiste et signe: c’est par la radicalité que l’on combattra le racisme et le capitalisme. Mais aussi que l’on défendra les libertés syndicales. « Mais quelle radicalité? Quelle radicalité dans un monde où chaque jour il y a un milliardaire de plus, mais où en même temps chaque jour 1800 personnes qui meurent de faim dans la corne de l’Afrique ? Dans un pays où on laisse des gens faire la grève de la faim pendant 59 jours, et où on leur ment pour qu’ils arrêtent, sans rien leur accorder ? La vraie radicalité c’est de combattre le capitalisme. De renverser le rapport entre la capital et le travail. »


« La radicalité, c’est aussi de décider maintenant que la prochaine fois qu’un délégué de la FGTB est condamné à une peine de prison, on déclare 24 heures de grève directement et immédiatement. »

— Thierry Bodson

Les libertés syndicales: nos droits, nos combats

« Depuis toujours à la FGTB, on a fonctionné à l’utopie, et on doit en être fier. Mais pour rester ambitieux, il faut qu’on ait des armes. Il ne faut pas qu’on nous enlève ces armes. » Le congrès fédéral FGTB a bien sûr fait la part belle à la défense des libertés syndicales, à l’heure où les attaques au droit de grève, les condamnations de délégués, les menaces et pressions envers des syndicalistes sont monnaie courante.

Et n’a pas manqué de rappeler que la vraie violence ne vient certainement pas du monde syndical. « Les grandes victoires pour le monde du travail n’ont pas été acquises uniquement par la concertation. Bien sûr, il faut de la concertation. Mais pour cela, il faut qu’un rapport de force existe. Et pour le mettre en place, il faut qu’on puisse continuer à faire grève, il faut qu’on puisse continuer à exercer ce droit de grève. Des gens croient et disent que bloquer une autoroute, ‘c’est pas bien, c’est trop violent’. Mais la vraie violence, ce n’est pas de bloquer une route. C’est quand on harcèle des délégués, c’est quand des astreintes sont mises en place, quand on a des huissiers qui arrive, quand on tente de nous donner la personnalité juridique, de nous assécher financièrement. Ça, c’est la vraie violence envers le monde du travail. »

Il n’y a pas de démocratie sans un vrai contre-pouvoir. La FGTB est et doit rester le vrai contre-pouvoir dans ce pays.

Thierry Bodson

En route vers le 20 juin

Ce congrès 2022, particulièrement chaleureux et solidaire, a permis de resserrer les rangs et de motiver les troupes de la FGTB, autour de ses valeurs fondamentales. De réélire le Secrétariat fédéral, dont le Président, Thierry Bodson, et la Secrétaire générale, Miranda Ulens. Et de rappeler l’importance d’être toutes et tous dans la rue, durant la grande manifestation en front commun syndical le 20 juin prochain.

Durant les prochains jours, Syndicats Magazine reviendra plus en détail sur le contenu de ces deux jours de congrès.


Plusieurs outils ont été mis à la disposition des congressistes. L’un d’entre eux est la brochure « Nos droits, nos combats », qui traite de la défense des libertés syndicales et des menaces qui pèsent sur elles. Mais aussi qui évoque les valeurs et l’histoire de la FGTB, en dates, en chiffres, en actions. Un très beau document à consulter ici :

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