Thierry Bodson : « On a tenu le coup, mais les inégalités se creusent »

Thierry Bodson : « On a tenu le coup, mais les inégalités se creusent »

Le baromètre socio-économique de la FGTB est paru aujourd’hui. Dans cette étude annuelle de 80 pages, le syndicat fait le point sur la situation, après quasiment deux ans d’une crise inédite. Une crise pendant laquelle on a, plus que jamais, compté sur nos soins de santé et notre sécurité sociale. Interview expresse avec Thierry Bodson, Président de la FGTB.

Quelles sont les conclusions que vous tirez aujourd’hui ?

Ce qu’il est important de mettre en avant, c’est l’efficacité de notre sécurité sociale. C’est vrai, on a tenu le coup, et on peut s’en réjouir. Même si ce n’est pas simple partout. Il y a des gens qui ont perdu leurs revenus… Les soins de santé sont encore sous pression… On voit encore des conséquences aujourd’hui. On a tenu le coup, mais ce n’est pas parfait.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour améliorer la situation ?

Le rebond économique qu’on connaît aujourd’hui est particulièrement vigoureux. On a déjà vécu ça à l’automne 2020, quand on croyait être sorti de la crise… à chaque fois on voit des rebonds d’une vigueur inattendue, et la Banque nationale le confirme. A partir de là, il faut qu’on renforce le système. Il faut arrêter avec les réductions de cotisations en tout genre. Il ne faut pas toucher à l’indexation… Il est temps d’améliorer les salaires et les allocations sociales. En gros, avec un rebond pareil, il faut que les travailleurs aient leur dû.

Baromètre socio-économique 2021 / FGTB

Le baromètre 2021 met l’accent sur les inégalités croissantes…

Oui. Car même si on s’en est pas mal sorti, si on voit que le système n’est pas mauvais en soi, la crise a montré que les inégalités se creusent. En réalité, le système met un coup de projecteur sur ces inégalités. On le voit avec les femmes et les conséquences du télétravail… On le voit avec l’espérance de vie, qui diffère en fonction du niveau d’éducation et des revenus… On le voit avec l’écart toujours plus grand entre les riches et les pauvres. Celles et ceux qui gagnent le moins – et qui ont le moins d’épargne – ont perdu le plus pendant la crise. Une crise qui appuie, en réalité, nos revendications.

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