Inflation: on n’en voit pas la fin

Inflation: on n’en voit pas la fin

Inflation | Nous n’avons pas de boule de cristal. Mais il est plus que probable que la période d’augmentation des prix que nous connaissons va se prolonger.

Impossible de l’ignorer. Les médias nous bombardent d’alertes sur la hausse des prix des biens et des services. L’inflation atteint des niveaux records. Selon Statbel, l’office belge des statistiques, l’inflation a atteint 7,59 % en janvier. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis près de 40 ans. Concrètement, si vos courses coûtaient 100 euros l’année dernière, le même caddy coûtera 107,59 euros aujourd’hui. Notons que l’augmentation mensuelle de décembre 2021 à janvier 2022 est d’environ 2,23 %. Il s’agit de la plus forte hausse depuis mars 1951. Cela montre que le rythme de l’inflation est aujourd’hui extrêmement élevé.

La fin, c’est pour bientôt?

« Il est impossible de dire aujourd’hui pendant combien de temps cette tendance va se poursuivre », déclare Giuseppina Desimone, conseillère au service d’études de la FGTB et experte de ces questions. « Mais il est peu probable que l’inflation plafonne de sitôt, ou revienne en arrière. »


«  Il est peu probable que l’inflation plafonne de sitôt, ou revienne en arrière. »

— Giuseppina Desimone

En cause, plusieurs raisons. « Les grands distributeurs, les supermarchés négocient de nouveaux contrats avec leurs fournisseurs. Ils vont inévitablement augmenter leurs tarifs pour toute l’année. Car il s’agit généralement de contrats annuels. C’est la raison pour laquelle il se passe toujours un peu de temps avant qu’on le ressente concrètement à la caisse. »

Le non-alimentaire plus touché

L’ensemble du processus de production doit être pris en compte lorsqu’il s’agit d’augmenter les prix. De la matière première aux rayons des magasins. Les aliments frais arrivent relativement vite sur les étagères des magasins en provenance de l’agriculteur, contrairement à d’autres produits. « Pour les produits non alimentaires, on s’attend à une augmentation des prix plus importante« , poursuit Giuseppina Desimone, « car la chaîne est beaucoup plus longue et les augmentations de prix se font sentir à chaque étape. Les produits non alimentaires sont donc encore plus sensibles aux augmentations du prix de l’énergie, par exemple, ou du prix des matières premières, qui sont finalement répercutées sur le prix à la consommation. »

Et les loyers?

Les prix des loyers sur le marché privé connaissent actuellement une inflation « normale » d’environ 2%. Toutefois, là aussi, il faut s’attendre à une augmentation des prix en 2022. Le loyer est indexé une fois par an à la date d’expiration du contrat, et ces augmentations sont donc réparties sur toute l’année.

Stabilité

Un taux d’inflation d’environ 2% assure la stabilité de l’économie (lire plus ici). Giuseppina Desimone : « L’objectif est que les prix n’augmentent pas trop – forte inflation – ou qu’ils ne baissent pas, ce qu’on appelle déflation. Les longues périodes d’inflation ou de déflation excessive ont un effet négatif sur l’économie. Les consommateurs reportent leurs achats. La stabilité des prix contribue à la croissance de l’économie, mais aussi à la protection de l’emploi et du pouvoir d’achat. L’une des principales tâches de la Banque centrale européenne consiste précisément à surveiller cette stabilité des prix.”

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Pouvoir d’achat

Reste à savoir quand nous reviendrons à un taux d’inflation « normal ». Pas tout de suite, apparemment. Malgré notre système d’indexation automatique des salaires, de nombreuses familles auront des difficultés au cours des prochains mois. « Le pouvoir d’achat est en effet en partie sauvegardé« , affirme Giuseppina Desimone. « Mais l’indexation automatique des salaires et des prestations est basée sur l’évolution de l’indice dit de santé. Il s’agit de l’indice des prix à la consommation, qui tient pas compte des prix du tabac, de l’alcool et du carburant. Qui pourtant augmentent aussi, et fortement. En outre, l’indice de santé est « lissé ». Il correspond à la moyenne des quatre derniers mois. Cela a pour but d’éviter des chocs trop importants sur la formation des salaires. »

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