L’inflation : bonne ou mauvaise ?

L’inflation : bonne ou mauvaise ?

Les économistes s’accordent à dire qu’un taux d’inflation modeste est une bonne chose. Des hausses de prix
stables, autour de 2 % par an, seraient favorables à l’économie, et bénéfiques tant pour les consommateurs que pour les entreprises. La théorie étant que lorsqu’un consommateur est conscient que chaque euro perd de la valeur, il plus enclin à acheter aujourd’hui que demain. Une inflation stable encourage également les entreprises à investir.

Grâce au système d’indexation automatique des salaires et des allocations sociales, le pouvoir d’achat des ménages est – plus ou moins – maintenu. Mais par contre, lorsque les prix augmentent soudainement et de manière significative, des problèmes surgissent.

Le pouvoir d’achat diminue

Les salaires et les allocations sociales sont indexés, mais un retard se creuse. Les prix qui augmentent aujourd’hui ne se
traduiront par des salaires indexés que dans quelques mois. En outre, tous les produits ne sont pas inclus dans l’indice
santé, comme les carburants, le tabac et l’alcool. Ceci signifie que le pouvoir d’achat s’érode.

Un risque d’une plus grande inflation

Comme il n’est pas, en période d’inflation élevée, financièrement avantageux de reporter ses dépenses ou d’épargner son argent, le risque est que l’inflation ne fasse qu’augmenter en raison du pic de la demande de biens et de services. C’est un cercle vicieux.

Mais une chute des prix soudaine et prolongée n’est pas non plus une bonne nouvelle. En période de déflation, les prix à la consommation baissent. Cette baisse des prix incite les consommateurs à reporter leurs achats : pourquoi dépenser aujourd’hui quand on peut acheter la même chose demain à meilleur prix ? L’économie s’en ressent, car les entreprises ne peuvent pas écouler la marchandise ou vendre leurs services normalement. En conséquence, elles réduisent leurs coûts, souvent en diminuant leurs effectifs, et un malaise économique s’installe, dû à la hausse du chômage.

L’exemple des Etats-Unis

C’est ce qui s’est passé, par exemple, après la crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis. Les prix des logements ont flambé pendant des années. De nombreuses familles ont contracté des emprunts bancaires qui dépassaient leur réelle
capacité de remboursement. Les banques ont accordé des prêts à leurs clients — parfois même de manière totalement
illégale — et ont gardé le silence sur les conditions trompeuses.

Après tout, qu’est-ce qui pouvait mal tourner ? Si le propriétaire ne pouvait plus rembourser son prêt, il lui suffisait de
vendre et d’apurer sa dette. En général, il en tirait quand même une plus-value. La banque en tirait également profit en revendant la maison dès le lendemain.

Il faut mettre en oeuvre des solutions structurelles. Une augmentation réelle des salaires est en une.

Mais lorsque les prix se sont effondrés soudainement, parce que l’ensemble du système s’est écroulé comme un château de cartes, toutes les parties se sont retrouvées prises au piège, et en premier lieu l’emprunteur. Il a vu sa maison saisie, souvent vendue pour un montant inférieur à la valeur du marché. Si l’emprunteur n’avait pas encore remboursé une grande partie de son prêt, il pouvait même se retrouver sans logement et avec une dette de plusieurs milliers d’euros ou de dollars.

Des solutions structurelles

En bref, si une une inflation modeste n’est pas une mauvaise chose en soi, une hausse soudaine de l’inflation est néfaste pour les familles et les consommateurs. Des mesures à court terme, telles qu’une réduction de la TVA sur l’énergie, peuvent considérablement soulager les ménages. Mais il faut également mettre en œuvre des solutions structurelles. Une augmentation réelle des salaires en est une.

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