Le 10 juin, le Congrès de la FGTB s’est ouvert par un séminaire consacré à la solidarité syndicale internationale. Au programme : des témoignages de syndicalistes venus des quatre coins du mondeM mais aussi des échanges sur les stratégies à développer face à la montée des régimes autoritaires et aux attaques contre les droits syndicaux.
«Le monde dans le chaos ». C’est par cette diapositive qu’a commencé son intervention le journaliste de guerre Rudi Vranckx. Le cadre est posé : « 65 conflits armés sont en cours aujourd’hui et le droit international est régulièrement bafoué », tandis que les grandes puissances ferment les yeux.
Leur seule boussole : le profit
Parallèlement – et conjointement – le capitalisme s’étend à grande vitesse au-delà des frontières. Les multinationales, main dans la main avec les responsables politiques de droite et d’extrême droite sont conscients que les ressources ne sont pas illimitées. Ils continuent de dévorer, au détriment des droits des travailleurs, des populations locales et de l’environnement. Leur seule boussole : le profit. L’exemple de la RDC est particulièrement parlant.

« Une partie du cobalt est extraite par des enfants et des femmes traités de manière inhumaine. Pour les batteries de téléphones et ordinateurs utilisés en Occident. »
— Olga Kabalu, Confédération Démocratique du Travail du Congo.
Libertés syndicales : attaques et résistances
Autre conséquence : les libertés syndicales reculent partout, malgré les contextes différents. L’Argentine fait son entrée dans les dix pires pays du monde pour les droits des travailleurs avec son gouvernement d’extrême droite. Au Bélarus, l’organisation syndicale est totalement interdite, explique le camarade biélorusse, Maksim Pazniakou. En Belgique, le droit de protester est dans le viseur du gouvernement.





Mais face à ces évolutions préoccupantes, la résistance s’organise. En Argentine, la jeunesse se mobilise contre le gouvernement de Milei. En Belgique, nous assistons au plus grand mouvement social depuis des décennies. À Madrid, les syndicats européens s’unissent pour une Europe sociale, contre l’austérité.
La solidarité internationale
Pour le monde syndical, il n’y a qu’une seule réponse : la solidarité internationale. Elle seule permet de construire un rapport de force global pour défendre les droits de toutes et tous. Patuan Samosir, directeur à la Confédération Internationale Syndicale Asie-Pacifique, explique : « Elle est essentielle. Surtout lorsque les travailleurs ou les syndicats ne peuvent pas défendre leurs droits dans leur propre pays. » La libération de syndicalistes béninois emprisonnés à la suite des marches contre la vie chère en 2024, grâce à la pression exercée par des syndicats partenaires – dont la FGTB – en est un exemple.
Cette solidarité internationale s’organise également grâce à des rencontres comme celle-ci. Elles permettent d’échanger sur les différentes réalités et de construire une résistance à l’échelle mondiale.

« Nous devons construire des ponts et nous unir contre un capitalisme sans frontières, qui prospère sur le dos des travailleurs et des travailleuses. »
— Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB
L’Institut de Coopération syndicale internationale de la FGTB
Cette journée a également été l’occasion de mettre en lumière le rôle essentiel de l’IFSI, qui mène des projets de coopération avec des organisations syndicales dans une vingtaine de pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Ces projets s’inscrivent dans une logique solidaire et émancipatrice. L’Institut accompagne les partenaires afin de renforcer leurs capacités à exercer pleinement leur rôle d’interlocuteurs sociaux et à peser dans les rapports de force au bénéfice des travailleuses et travailleurs.
Il participe à la construction d’un contre-pouvoir syndical international fort, libre et indépendant, au service de transformations sociétales et politiques conformes aux valeurs progressistes.
À titre d’exemple, l’IFSI travaille en partenariat avec la USO, syndicat historique du secteur pétrolier en Colombie. En 2024, ce projet a permis la formation de plus de 500 syndicalistes. L’organisation mène également des actions de plaidoyer en soutien aux dirigeants syndicaux menacés, la violence antisyndicale en Colombie étant parmi les plus brutales dans le monde.
Plus d’infos sur l’IFSI : www.ifsi-isvi.be

