« Demandeurs d’asile », « sans-papiers », « migrants » : ils sont au cœur des débats politiques, des chiffres, des conversations, voire des polémiques. Mais leur voix, elle, se fait rarement entendre. Dans ses deux documentaires, le réalisateur belge Yves Dorme choisit de filmer celles et ceux que l’on maintient souvent hors champ. Deux films à découvrir le 26 septembre au Palace, à Bruxelles. Ils seront suivis d’une rencontre avec le réalisateur et de nombreux acteurs de terrain.
On parle de « crise de l’accueil », de « places disponibles », de procédures, de frontières, de recours, voire de retours. Les mots, à force, finissent parfois par faire disparaître les visages et les existences des gens qui vivent toutes ces réalités dans leur quotidien.
Yves Dorme a choisi un autre chemin. Depuis plusieurs années, le réalisateur belge pose sa caméra là où les questions sociales se vivent concrètement : pauvreté, exclusion, accueil, exil. Des réalités complexes, souvent politiques, qu’il choisit d’aborder à hauteur humaine. Sans grands discours. En prenant le temps de regarder et, surtout, d’écouter.
Des hommes à la rue
Dans Les Hommes seuls, Yves Dorme filme la crise de l’accueil à Bruxelles. Ceux qu’il rencontre sont venus demander l’asile et la protection à la Belgique. Des centres sont censés les héberger pendant l’examen de leur dossier. Mais faute de places et de volonté politique, ces hommes seuls se retrouvent à la rue. Parmi eux, Raziq, un jeune Afghan, qui atterrit dans un squat. Il va vivre, comme des milliers d’autres, l’enfer de l’attente, de l’incertitude, de nuits passées sans savoir où l’on dormira demain.

Celles que l’on voit encore moins
Avec Quatre femmes en exil, le regard se déplace. Elles sont quatre. Iranienne, marocaine ou brésilienne. Demandeuses d’asile ou sans papiers. À l’exil s’ajoute une autre réalité : celle d’être une femme. Quatre destins, quatre femmes confrontées aux épreuves et qui continuent pourtant d’avancer. Ici encore, le réalisateur choisit la sobriété. Il laisse les gens se raconter, il donne de la voix à celles que l’on entend si peu.
Et l’exil cesse d’être une abstraction. Ce sont des hommes qui dorment dans les rues de Bruxelles. Des femmes dont nous ignorons presque tout. Des voix, des visages, des peurs, du courage. Des vies.
Voir, puis parler
Le samedi 26 septembre, la diffusion de ces deux films sera suivie d’un débat. Yves Dorme sera présent au Palace, tout comme Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), et de nombreux autres acteurs de la société civile, pour un échange avec le public.Mais avant de discuter, il faudra regarder. Regarder ces hommes seuls. Écouter ces quatre femmes en exil. Prendre le temps de rencontrer celles et ceux dont tout le monde parle.
L’événement rassemble de nombreuses organisations qui, chacune depuis son terrain, connaissent ces réalités, et dénoncent l’inaction : BelRefugees, le CIRÉ, le Samusocial, Médecins du Monde, la Ligue des droits humains, Amnesty International, le CNCD-11.11.11, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, le RWLP, PAC, Diogènes, Progress Lawyers Network, les Cuistots Solidaires, les Ceméa et les Cantinières, entre autres.
EXIL – 2 films, une même réalité
Samedi 26 septembre 2026 – Cinéma Palace, boulevard Anspach 85, Bruxelles.
Accueil et petit-déjeuner à 9h30 – Projections à 10h30 – Rencontre et échange à 12h.
