Droits des femmes en entreprise : guide pratique

Droits des femmes en entreprise : guide pratique

Sur le lieu de travail, les inégalités persistent : écarts salariaux, plafond de verre, discriminations, violences
sexistes… Face à ces réalités, les délégué·es syndicaux ont un rôle déterminant. Comment agir concrètement ?
Quels leviers activer ? Voici quelques pistes.

Défendre l’égalité salariale

Les écarts de rémunération demeurent. À fonctions équivalentes, les femmes peuvent percevoir un salaire inférieur à celui de leurs collègues masculins.

En 1966, les ouvrières de la FN Herstal imposaient dans le débat public un principe simple et fondamental : « à travail égal, salaire égal ». Cette revendication reste pertinente.

Concrètement, il est possible d’agir. Pour objectiver la situation dans votre entreprise, la FGTB met à disposition un calculateur permettant d’évaluer l’écart salarial. Vous trouverez toutes les données nécessaires pour le calculer dans le bilan social qui se trouve sur le site de la banque nationale de Belgique (s’il n’est pas fourni par l’entreprise). Sur cette base, la question peut être portée au Conseil d’entreprise (CE) et ouvrir la voie à l’élaboration d’un plan d’action visant à corriger les inégalités constatées.

Garantir les droits liés à la maternité et à la parentalité

En Belgique, trois femmes enceintes ou jeunes mères sur quatre sont confrontées à au moins une forme de discrimination sur leur lieu de travail. La discrimination à l’emploi pour les femmes en âge de fonder une famille est une autre triste réalité.

Pourtant, la loi concernant la protection des femmes enceintes est claire : tout traitement défavorable d’une femme qui est lié à la grossesse ou à la maternité est assimilé à une discrimination fondée sur le sexe. Si vous constatez une discrimination liée à la maternité ou la parentalité dans votre entreprise, vous pouvez la signaler via le formulaire dédié à cet effet sur le site de la FGTB.

Parallèlement, il existe toute une série de dispositions à mettre en place afin de garantir les droits liés à la maternité et à la parentalité. Un exemple : veiller à garantir le droit à l’allaitement pour les jeunes mamans si elles le souhaitent. Comment ? En aménageant un local fermé, équipé d’un point d’eau, d’un réfrigérateur et d’un fauteuil confortable, et en facilitant les pauses d’allaitement.

Prévenir le sexisme et le harcèlement

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une femme sur trois dans l’UE sera victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa vie. Pour aider à identifier les situations problématiques, la FGTB met à disposition le violentomètre, un outil simple permettant d’évaluer si un comportement sur le lieu de travail est sain ou toxique.

Que faire en cas de violences sexistes ou sexuelles ? Soutenir la personne concernée. Les collègues et les délégué·es jouent un rôle clé. Si les faits persistent, il est important d’en informer l’employeur, la personne de confiance, le CPPT ou le conseiller en prévention. Un signalement peut aussi être introduit auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (0800/12800) ou via le formulaire discrimination de la FGTB.

Veuiller au bien-être pour toutes et tous

De nombreux environnements de travail restent pensés par et pour des hommes. Les installations sanitaires sur certains parkings d’autoroute, dans les dépôts ou aux terminus en sont une illustration : inexistantes, insalubres ou réservées aux hommes. Ces situations ne relèvent pas du détail, mais d’un problème structurel.

Pour y remédier, la délégation syndicale doit intégrer systématiquement une lecture de genre dans son action. Cela passe notamment par les analyses de risques, qui doivent tenir compte des réalités différenciées : santé des femmes, morphologie, équipements de protection, mais aussi par une prise en compte des aspects de genre dans l’organisation du travail.

À titre d’exemple, une reconnaissance des besoins uniques liés aux 3M (menstruation, maternité et ménopause) permet de rendre les lieux de travail inclusifs pour toutes et tous afin que chacun·e ait le droit de travailler dans la dignité à chaque étape de la vie.

Ensemble, faisons de nos lieux de travail des espaces sûrs, égalitaires et respectueux pour toutes et tous.

Ioanna Gimnopoulou
Journaliste, Syndicats Magazine |  Plus de publications

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