Edito | Une démonstration de force. Et maintenant?

Edito | Une démonstration de force. Et maintenant?

Des années qu’on n’avait pas vu ça. Le 20 juin dernier, nous étions plus de 80.000 dans les rues de Bruxelles, toutes couleurs dehors, pour réclamer de meilleurs salaires. Un moment historique, qui en dit très long sur l’urgence sociale. Et maintenant ?

On ne s’est pas contenté de défiler en silence. La manifestation du 20 juin a vécu de l’intérieur, chacun.e amenant son expérience, sa banderole, son chant de révolte, son cri de guerre. Comme autant de témoignages du ras-le bol ambiant. On a vu défiler tous les métiers, tous les âges, tous les statuts. Car c’est tout le monde qui est touché, aujourd’hui, par l’explosion des prix, la perte de pouvoir d’achat, l’angoisse, les fins de mois difficiles. Ce, malgré l’indexation automatique, indispensable garante d’une certaine protection du pouvoir d’achat, qui est aujourd’hui insuffisante.

Poursuivre et amplifier

Une semaine après cette démonstration de force, la FGTB s’est réunie, pour décider, au plus tôt, de la suite. Car on ne s’arrêtera pas maintenant. Après des mois de mobilisation en vue de modifier la loi sur la norme salariale — la « loi 0 % » — il faut poursuivre l’effort, l’amplifier. Et ce, dès la rentrée.

MOBILISATION | PROCHAINE CONCENTRATION LE 21 SEPTEMBRE À BRUXELLES
Le banc patronal persiste. Il refuse de négocier sur l’enveloppe bien-être et de dissocier ce dossier de
l’AIP. Il prend ainsi en otage les allocataires sociaux.
À l’heure d’écrire ces lignes, une concentration de militants est annoncée
pour le 21 septembre prochain, à Bruxelles. Les informations pratiques seront confirmées dans les
prochaines semaines. Elles seront publiées ici et sur les différents canaux de la FGTB.

Car on arrivera peu à peu aux négociations liées à l’AIP, et avant cela, à l’enveloppe bien-être, soit le budget alloué à l’augmentation des allocations sociales pour les deux prochaines années. Nous entendons, déjà, que le patronat freinera notre volonté de découpler ces deux dossiers, et cherchera à garder les allocataires sociaux en stand-by — ou en otage — jusqu’au début de l’année prochaine, à l’heure de négocier l’AIP. Nous savons, aussi, que la droite continuera de s’opposer farouchement à toute modification de la loi de 96. Pour continuer de brider les salaires, et de brimer la négociation. Nous condamnons, enfin, les attaques incessantes — et indécentes — du patronat envers le système d’indexation automatiques.

Marge nulle et sourde oreille

Nous étions devant le parlement fédéral, le 29 juin dernier, portés par un mandat accordé par les près de 90.000 signataires de la pétition citoyenne. Nous avons démontré, chiffre après chiffre, pourquoi la loi sur la marge salariale, telle qu’elle existe aujourd’hui et depuis 2017, est inégalitaire. Combien le calcul de la marge est biaisé, incorrect. Combien la comparaison des salaires belges avec ceux des pays voisins est bancale. Vous en lirez plus à ce sujet ici. Nous avons entendu les réactions de tous les partis sur l’échiquier politique. D’aucuns à droite se sont contentés de nous lire un communiqué écrit d’avance, ou d’ignorer nos arguments. L’entêtement antisyndical — et donc anti « monde du travail » — est bien ancré chez certains.

Mais si cette loi n’est pas modifiée, la prochaine marge, nous le savons déjà, n’en sera pas une, puisqu’elle sera nulle. Nulle. 0,0 %. Il n’est pas question d’accepter cela. Surtout à l’heure où les marges bénéficiaires de très nombreuses entreprises crèvent le plafond.

Alors que faire, camarades ? Continuer. Taper plus fort. Aucune victoire sociale n’a été acquise sans effort. Dès septembre, nous devrons être à nouveau dans la rue. La mobilisation devra être intacte. Et si nos adversaires poursuivent leur politique de la sourde oreille ? Ce sera la grève générale. En novembre, comme annoncé. Et en front commun, si possible. Tous ensemble, nous devons faire comprendre au monde patronal que l’urgence sociale n’attend pas, que le monde du travail veut des réponses. Et s’il faut « toucher à l’économie » pour les obtenir, nous n’hésiterons pas.

Thierry Bodson et Miranda Ulens, Président et Secrétaire générale

5 réactions sur “Edito | Une démonstration de force. Et maintenant?

  1. Merci les camarades qu’ils ont dit….bonnes vacances et on se revoit en novembre….avec quel gouvernement?????? Je trouve cela indécent !!!!!!!!!!!

  2. Novembre !! On attend quoi, les gens vont soit se nourrir, soit se chauffer Blocons l économie de la Belgique en allant devant le port d Anvers, et non déambuler dans Bruxelles

  3. une concentration de militants est annoncée
    pour le 21 septembre oufff impressionnant !!!! le gouvernement doit vraiment trembler …………………………….

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire aussi x

Syndicats Magazine

GRATUIT
VOIR