Augmentation urgente du pouvoir d’achat, aussi pour les allocataires sociaux!

Augmentation urgente du pouvoir d’achat, aussi pour les allocataires sociaux!

Ce billet est initialement paru dans ECHO de juin 2022, la lettre d’information des services d’études de la FGTB.

Le pouvoir d’achat doit augmenter, et pas seulement pour les travailleurs actifs. Les allocataires sociaux devraient aussi pouvoir vivre dignement, plutôt que de simplement survivre. Dès lors, il est essentiel d’adapter périodiquement les allocations sociales au bien-être accru.

Un mot d’explication

Comment ça marche? Tout comme les salaires et les traitements, les allocations sociales sont indexées, de sorte qu’elles évoluent en fonction de la hausse des prix à la consommation. Ou plus précisément, en fonction de l’augmentation des prix des produits qui sont repris dans l’indice santé. Le mois qui suit le dépassement de l’indice pivot, les allocations augmentent de 2 %. Les traitements des fonctionnaires suivent le mois d’après, et pour les salaires dans le secteur privé, le timing d’augmentation est convenu dans les CCT.

Parallèlement à l’indexation, les allocations sociales sont adaptées tous les 2 ans en fonction de ce que l’on appelle l’accroissement du bien-être. Cela signifie qu’elles bénéficient également – avec un certain retard – de l’augmentation du bien-être dont bénéficient les travailleurs grâce aux négociations salariales (sur base d’une norme).

Une érosion dans les années 80 et 90

Cet acquis social ne s’est pas réalisé tout seul. Les allocations sociales ont subi une érosion du bien-être dans les années 1980 et 1990, car pendant cette période d’austérité, elles n’ont été adaptées qu’en fonction de l’inflation. En termes de bien-être, elles se sont fortement dégradées. Ainsi, entre 1980
et 1990, les allocations de chômage moyennes sont passées de 30 % à peine 20 % du salaire moyen. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la FGTB a été le moteur des grandes manifestations par lesquelles les syndicats ont inscrit cette injustice à l’agenda politique. Cela a finalement conduit à un mécanisme d’adaptation structurel et ancré dans une loi. Depuis 2007, les interlocuteurs sociaux peuvent négocier tous les deux ans sur un budget qui est calculé par le Bureau du Plan*.

*Ce dernier est un organisme public indépendant qui réalise études et prévisions sur des questions de politique économique et sociale.

Un relèvement pour toutes et tous

Au plus tard le 15 septembre des années paires, les interlocuteurs sociaux sont censés émettre un
avis qui servira de base à la décision du gouvernement. Les adaptations des allocations sociales au bien-être sont ainsi devenues un pilier important de la redistribution des richesses. Cela démontre que l’idée selon laquelle les syndicats ne se préoccupent que des actifs et des « insiders » sur le marché du travail,
est fausse. Les syndicats font bien le contraire : lors de ces négociations, ils plaident invariablement pour un relèvement des minima, également pour celles et ceux que les employeurs préfèrent ignorer. Notamment, les demandeurs d’emploi.

Où en sommes-nous ?

Les négociations pour l’enveloppe 2023-2024 ont commencé. Point positif : l’enveloppe complète a été mise à disposition par le gouvernement. Cela n’a pas souvent été le cas dans le passé. Les gouvernements précédents – comme le gouvernement Michel – économisaient régulièrement sur ces enveloppes. Le Bureau du Plan a chiffré l’enveloppe totale pour le régime des travailleurs salariés à 756 millions d’euros. En outre, un budget de 116 millions d’euros est prévu pour le relèvement des prestations d’aide sociale (qui concerne les personnes qui touchent le revenu d’intégration).

Un aspect moins positif, mais prévisible, concerne l’attitude des employeurs. Une fois de plus, ils essaient de reporter la concertation. Le but? Tenter de lier la discussion sur de meilleures allocations sociales aux négociations sur l’AIP. Ainsi, ils veulent faire pression sur les syndicats pour qu’ils soient plus souples lors des négociations biennales sur les salaires et les conditions de travail.

La stratégie de la FGTB et des autres syndicats est claire et nette. Nous n’accepterons pas un tel chantage sur le dos des pensionnés, des malades et des chômeurs.

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