Le gouvernement cherche toujours ses milliards d’économies… Et les pistes évoquées pour les trouver se répètent inlassablement : saut(s) d’index, hausse de la TVA, flexibilité accrue et moins bien rémunérée. Une fois encore, c’est le pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses qui risque de servir de variable d’ajustement.
Pourtant, derrière ce que l’Arizona présente comme une fatalité budgétaire se cachent des orientations assumées. Car un budget ne se limite pas à deux colonnes de chiffres à mettre en balance. Un budget, qu’il soit celui d’un ménage ou d’un État, raconte toujours des choix : ce que l’on veut construire, ce que l’on décide de protéger, mais aussi ce que l’on assume de sacrifier, voire de détruire. Faire porter l’essentiel de l’effort sur le travail, les pensions, les allocations ou les services publics, ce n’est donc pas une nécessité comptable. C’est un projet de société.
D’autres choix sont pourtant possibles. Il existe bien un plan B, nous le répétons depuis des mois. Ce qui fait défaut, ce ne sont ni les alternatives ni les moyens de les financer, mais la volonté politique de changer de cap !
Cap sur le plan B ?
À nous, dès lors, de continuer à faire vivre ces alternatives, à chaque fois qu’on nous présente l’austérité comme la seule voie possible. Les organisations syndicales et leurs services d’études ont identifié la bagatelle de… 21 milliards d’euros, qui pourraient être trouvés ailleurs que dans les poches des travailleurs et travailleuses. Il s’agit notamment de revoir des niches fiscales inutiles
et des aides aux entreprises dont l’efficacité pose question ; de faire davantage contribuer les revenus du capital et, plus largement, de rééquilibrer une fiscalité qui repose aujourd’hui trop lourdement sur le travail.
C’est également le sens de notre pétition pour une fiscalité plus juste. Elle a recueilli plus de 77.000 signatures, bien au-delà des 25.000 nécessaires pour obtenir une audition au Parlement. Cette mobilisation rappelle une évidence trop souvent évacuée du débat : demander une contribution plus importante aux plus fortunés n’a rien d’extravagant. Le très récent baromètre RTL-Ipsos-Le Soir nous le rappelle d’ailleurs : une très large majorité des Belges soutiennent cette proposition.
Ce que nous voulons défendre
Ce débat est d’autant plus nécessaire que le discours sur « l’absence de moyens » contraste avec les milliards consacrés à la militarisation. Nous ne sommes ni naïfs ni aveugles : nous ne fermons pas les yeux face à l’instabilité et aux menaces extérieures. Mais la sécurité d’une population ne peut se penser uniquement à travers ce prisme.
Car peut-on prétendre protéger une population tout en fragilisant son socle ? La paix se construit aussi de l’intérieur, en garantissant à chacune et chacun une sécurité économique et sociale, des services publics solides et une protection collective lorsque les accidents de la vie surviennent. En bref, la dignité, pour toutes et tous.
La question budgétaire ne peut donc se limiter à décider à qui l’on fera les poches pour boucler les comptes. Elle oblige à se demander ce que l’on veut construire, préserver, protéger. Les alternatives existent. Nous les mettons sur la table.
Le 9 octobre, nous serons dans les rues de Bruxelles pour les défendre, pour protéger le pouvoir d’achat et rappeler au gouvernement nos lignes rouges. Puisqu’il faut trouver des milliards, qu’il commence par regarder là où ils se trouvent : pas dans les poches des travailleurs et travailleuses.
Toutes les modalités pratiques ici.

