L’été est là. La canicule de ces dernières semaines n’a pas permis de l’aborder avec légèreté. Elle a suscité, à droite, beaucoup de commentaires, et même certaines plaisanteries qui n’étaient pas du meilleur goût au regard de la réalité vécue par de nombreuses personnes. Car lorsque le thermomètre s’emballe, tout le monde n’a pas la possibilité de s’installer au bord de l’eau une bière à la main…
Nous espérons malgré tout que vous pourrez souffler un peu. Car l’été est une parenthèse. Celle où – traditionnellement – l’on ralentit, où l’on retrouve les siens, où l’on prend enfin le temps. Après des mois de mobilisation, de débats, de négociations et de manifestations, chacun·e mérite ce moment de respiration. Nous vous souhaitons de le vivre pleinement. Sincèrement.
Mais cet été, il faudra aussi garder un oeil ouvert sur l’actualité. Car à peine la réforme des pensions votée, le gouvernement Arizona sortira son budget. Encore « près de 7 milliards d’euros d’efforts », annonce-t-il. Avec une question à la clé : qui devra les fournir, ces efforts ?
À écouter certains responsables politiques, la réponse semble immuable. Les travailleurs et travailleuses devront être plus flexibles. Les malades devront retourner plus vite au travail. Les services publics devront faire plus avec moins. Les
pensions devront coûter moins cher. Et le pouvoir d’achat ? Il attendra. Ou plutôt, il reculera.
Les premiers effets du saut d’index partiel ne tarderont pas à se faire sentir. Ce n’est pas un détail. C’est une perte durable de pouvoir d’achat pour des centaines de milliers de travailleuses, de travailleurs et d’allocataires. Une perte qui s’inscrira
dans le temps. Et qui aura été décidée contre l’avis des syndicats… mais aussi des organisations patronales.
Dans le même mouvement, le gouvernement poursuit méthodiquement son oeuvre de dérégulation du travail. Annualisation du temps de travail. Horaires toujours plus variables. Généralisation des flexi-jobs. Extension du travail de nuit. Dans chaque proposition, la philosophie reste la même : la flexibilité et le démantèlement des protections collectives seraient la réponse à tous les défis économiques.
Nous refusons cette vision de la société. Il y a quelques semaines, notre Congrès fédéral l’a réaffirmé avec force sous un thème qui résume à lui seul notre ambition : « Tous·tes à bord ». À l’heure où certains cherchent à opposer les travailleurs aux allocataires sociaux, les jeunes aux pensionnés, les personnes malades à celles qui travaillent ou encore le secteur public au secteur privé, nous faisons le choix inverse : celui de rassembler. Parce que les réponses aux grands défis de notre époque – sociaux, économiques, climatiques ou démocratiques – ne pourront être que collectives.
Pendant cet événement, des centaines de délégué·es venus de tout le pays ont débattu, confronté leurs idées et adopté les orientations qui guideront la FGTB pour les quatre prochaines années. Ce Congrès n’était pas seulement un temps fort démocratique. Il a dessiné une autre direction : une société plus inclusive, plus solidaire et plus juste. Vous en lirez plus dans notre dossier.
Cette direction, nous la traduisons en propositions concrètes. Avec son Plan B, la FGTB démontre qu’il y a une alternative à l’austérité budgétaire. Une voie fondée sur une fiscalité plus juste, où les revenus du capital contribuent davantage, où les surprofits sont mis à contribution, où les niches fiscales les plus inefficaces sont remises en question et où les richesses sont mieux réparties. Une voie qui protège la sécurité sociale au lieu de l’affaiblir, qui investit dans les services publics au lieu de les considérer comme un coût et qui redonne toute sa place à la négociation salariale afin que les travailleurs et travailleuses bénéficient réellement des richesses qu’ils créent.
C’est ça, notre réponse à la question « Qui fournira l’effort ? ».
Notre Congrès nous a donné un cap. Clair. Ambitieux. Une feuille de route avec laquelle nous aborderons les enjeux qui nous attendent. Alors profitez de l’été. Reposez-vous. Retrouvez vos proches. Rechargez les batteries. Mais gardez l’oeil ouvert, et le poing levé. Parce qu’à la rentrée, il faudra plus que jamais des travailleuses et des travailleurs debout, solidaires et déterminés. Les saisons passent. Les combats, eux, continuent.
