Scandale Borealis : intensifier la lutte contre le dumping social   

Scandale Borealis : intensifier la lutte contre le dumping social   

Fin juillet, on apprenait que l’entreprise chimique Borealis se rendait coupable de dumping social et de traite des êtres humains. 174 victimes ont été identifiées. Ces hommes sont venus des Philippines, du Bangladesh et de Turquie. Pourquoi ? Pour travailler comme soudeurs ou tuyauteurs, sur un chantier où Borealis construit une nouvelle usine de production de plastique.  

Dans quelles conditions? Ces travailleurs devaient travailler six jours sur sept, pour un salaire d’à peine 650 euros par mois. Ils étaient logés dans de mauvaises conditions. La plupart étaient illégalement dans le pays, leur permis de travail ayant expiré. 

C’est la toute première fois que ces pratiques sont dénoncées à une telle échelle en Europe de l’Ouest.  

Le donneur d’ordre est lui aussi responsable 

L’entreprise Borealis a fait savoir être “étonnée et choquée” par les faits découverts sur son chantier. Elle en place la responsabilité complète chez les sous-traitants – IREM-Ponticelli et Anki Technology – à savoir les employeurs officiels des victimes. Pourtant Borealis était déjà au courant au mois de mai – c’est-à-dire plus d’un mois avant l’éclatement du scandale – des mauvaises conditions de travail sur le chantier. À l’époque, des abus avaient été constatés lors de l’occupation de travailleurs ukrainiens.

Frank Moreels, président de l’UBT estime que la réaction de Borealis est beaucoup trop facile : “Borealis est responsable de ce qui se passe sur son chantier. Je dirais même que des multinationales comme Borealis contribuent pour une large part à de tels abus, car il faut toujours produire au moindre coût. Cette course vers le bas est depuis longtemps dénoncée par les syndicats. Pourtant, on ne prend pas assez de mesures pour rendre effectivement responsables les donneurs d’ordre.” 

Fraude découverte dans la firme de transport ACT  

Le scandale de Borealis n’est pas le seul exemple récent. Récemment, nous avons appris que Jo Brouns – ministre flamand du Travail– a retiré 161 permis de travail au sein de la firme de transport ACT, active dans le Port d’Anvers.  

On y a constaté de lourdes infractions : occupation illégale, salaires trop bas et non-respect des règles en matière de sécurité sociale.  

Cela démontre que la lutte contre la fraude et le dumping social est loin d’être terminée. L’UBT tape depuis longtemps sur ce clou. Pour utiliser les paroles de Frank Moreels : “Depuis des années, les syndicats prêchent dans le désert et plaident pour plus d’inspecteurs. Le service d’inspection spécialisée dans le secteur du transport occupe actuellement huit personnes au total pour la Flandre, six pour la Wallonie. Trois fois rien quand on voit le nombre de poids lourds qui utilisent nos routes!” 

Entretemps, le monde politique s’est (enfin) réveillé. Le ministre flamand du Travail a annoncé le 13 septembre dernier une série de mesures. Ainsi, il veut que les donneurs d’ordre échappent moins facilement à leurs responsabilités et il a aussi augmenté le montant des amendes. Il va aussi engager du personnel supplémentaire pour l’inspection sociale flamande afin d’augmenter sensiblement le nombre de contrôles. 

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