Aides-ménagères | Le réservoir est vide mais la coupe est pleine

Aides-ménagères | Le réservoir est vide mais la coupe est pleine

Le mois dernier, Marie-Line Colin, Secrétaire régionale Horval pour la région de Wallonie picarde, revenait sur les conditions de travail difficiles des aide-ménagères titres-services. Elle abordait notamment la problématique des frais de déplacement, véritable facteur d’appauvrissement pour les travailleurs et travailleuses, alors que les prix du carburant flambent. Cela est particulièrement vrai pour les métiers impliquant des prestations à domicile. Retour sur l’exemple du métier d’aide-ménagère.

Qui dit hausse des prix du carburant, dit frais de déplacement plus élevés. Pour certains secteurs, pas de lieu de travail unique ! C’est par exemple le cas pour l’Aide à domicile (CP 318.01) ou les Titres-services (CP 322.01). Les travailleuses de ces secteurs – majoritairement composés de femmes – doivent en effet pour la plupart d’entre elles se rendre dans plusieurs maisons en une seule journée. De quoi rendre la note de carburant salée. Sans parler des frais de parking lorsqu’il n’est pas possible de se garer chez le client/bénéficiaire !

Ces travailleuses doivent se déplacer par leurs propres moyens pour se rendre d’un domicile à l’autre. Dans les zones rurales, il n’est pas possible de compter sur les transports en commun. Sans voiture, il serait donc impossible à ces femmes d’exercer leur métier. Mais ne revient-il normalement pas à l’employeur de fournir les outils de travail, ou au minimum une indemnité à hauteur des frais engagés ?

« Sans voiture, ça devient presque impossible. Les patrons demandent d’ailleurs un permis et une voiture. C’est notre outil de travail aussi, on est bien obligé de l’avoir. Et au niveau du prix du carburant, on voit une différence. Dans mon cas personnel, j’en ai pour au moins 30€ en plus par mois. »

Nathalie Sante, aide-ménagère sociale, déléguée Horval (Verviers)

Le métier d’aide-ménagère

Dans le secteur de l’Aide à domicile, il existe le métier d’aide-ménagère sociale. Un métier très similaire à celui d’aide-ménagère titres-services. Pourtant les deux ne sont pas logés à la même enseigne.

La principale différence entre les deux est qu’ils dépendent de commissions paritaires distinctes. L’un a une mission plutôt sociale, en contribuant au bien-être et à l’autonomie du bénéficiaire. L’autre intervient chez le client dans une logique de confort. Dans les faits : les tâches effectuées par une aide-ménagère sociale et une aide-ménagère titres-services sont similaires. Mais surtout, les deux métiers font partie de secteurs subsidiés par la Région wallonne et dépendent de la même Ministre de tutelle. Celle-ci n’échappera pas à des interpellations des travailleuses. La ministre – socialiste de surcroît ! – se doit d’agit sur la problématique de la mobilité. Il s’agit là d’un facteur d’appauvrissement pour ces travailleuses déjà fragiles financièrement, pour ne pas dire pauvres.

Une aide-ménagère sociale reçoit actuellement une indemnité de frais de déplacement de 0,3707€/km, alors que sa consœur titres-services n’en reçoit que 0,13€. Une différence importante. La FGTB Horval estime qu’il est inacceptable que des travailleuses puissent à ce point être traitées de manière inégale alors qu’elles exercent un métier similaire. 

« Travailler pour rien, mais t’as pas le choix »

« Quand tu vois le coût que ça représente au niveau de ton budget de pouvoir se déplacer avec son véhicule, c’est énorme. Le carburant a augmenté sans se demander si toi t’étais capable de pouvoir le payer. Il faut penser à tous ces métiers qui sont sur les routes, il faut augmenter nos indemnités kilométriques. Entre les barèmes bas et les frais kilométriques, ça revient quasiment à travailler pour rien, mais t’as pas le choix. »

Nancy Anselin, aide-ménagère titres-services, déléguée Horval (Wapi)

Face à une vie qui coûte de plus en plus cher, face à une indexation des salaires qui ne compense pas suffisamment l’inflation, face à une marge salariale d’à peine 0,4%, face à un pouvoir d’achat complètement affaibli, il faut aider ces travailleuses. La hausse des prix du carburant a pour conséquence de devoir sortir de l’argent de sa poche pour pouvoir exercer son métier, ce n’est pas acceptable. Il est temps d’entendre l’appel à l’aide des métiers de l’Aide à domicile et des Titres-services.

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