En ligne, en rue, au travail… stop au sexisme !

En ligne, en rue, au travail… stop au sexisme !

Le 25 novembre, c’était la journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Un combat essentiel que la FGTB soutient bien évidemment. Le sexisme fait partie du quotidien des femmes. Remarques déplacées, moqueries, plafond de verre sont des réalités qu’on ne peut plus nier. Et la violence sexiste peut, elle aussi, prendre de nombreuses formes. Elle peut apparaître dans tous les cercles de la société. Dans la rue, à domicile, au travail, sur internet…

Focus sur le cyber-harcèlement

Lors des récents états généraux féministes, le CEPAG et le Bureau des Femmes de la FGTB wallonne se sont intéressés à la thématique du harcèlement en ligne. Un sujet d’actualité qui, malheureusement, frappe de nombreuses femmes et jeunes filles.
Pour en parler, notamment, Florence Hainaut. Journaliste et coréalisatrice du documentaire #SalePute, elle a été victime du phénomène qu’elle dénonce dans son film. Menaces, insultes, rumeurs ont sali sans relâche le travail et la personne de Florence Hainaut. En cause notamment, un billet sur le port du voile. Harcelée car visible, car journaliste, car femme.

Ce qui cause le sentiment d’impunité, c’est l’impunité.

Florence Hainaut

Internet, c’est la vraie vie

« Internet, c’est la vraie vie. Ce qui se passe sur internet n’est pas juste virtuel, ça a des conséquences sur la vie privée, le quotidien. On s’attaque à la réputation d’une personne, à sa vie professionnelle, et ça a de grosses répercussions. »
Les conséquences sont nombreuses : impact sur la santé mentale et physique, épuisement, dépression. Impact sur la vie privée, la vie professionnelle. Et au final, une invisibilisation des femmes dans l’espace public virtuel, dans l’espace public tout simplement. « On voit des femmes journalistes qui hésitent à traiter certains sujets, ou à faire la promotion de leur travail sur les réseaux sociaux, ou encore à signer leurs articles. » Citons également le cas de femmes politiques qui quittent leurs fonctions, car trop exposées. Trop insultées. Une attitude compréhensible, mais qui ne fait que laisser
plus de place aux harceleurs, qui, sous couvert d’un prétendu anonymat, continuent de s’en donner à coeur joie.

Le harcèlement ne s’arrête pas

Internet, c’est la vraie vie. C’est de plus en plus vrai. Le harcèlement en ligne, quand il commence, ne se termine pas. Il suit la victime à la maison, au travail, en soirée, au petit matin. Au réveil, les notifications sont là pour rappeler que les agresseurs ne se sont pas tus pendant la nuit.. Pourtant, lorsqu’il s’agit de harcèlement en ligne, difficile de se défendre. Le sexisme en ligne est un phénomène diffus, parfois difficile à identifier. Par ailleurs, les délits sur internet sont encore malheureusement associés aux « délits de presse », jugés en Cour d’Assises. Il est donc extrêmement rare de voir une de ces affaires arriver devant les tribunaux.

L’on peut se réjouir que le phénomène soit de plus en plus souvent dénoncé, et que les pouvoirs politiques s’emparent
désormais du sujet. Certains harceleurs se sont retrouvés devant la justice. Mais le phénomène continue à détruire des
vies, des carrières, des réputations, et il faut y apporter une réponse collective et efficace.

Le harcèlement sexiste virtuel, c’est RÉEL !

La Fédération des Centres de Planning familial des FPS lançait l’an dernier sa campagne intitulée « Le harcèlement sexiste virtuel, c’est réel« . Une campagne qui indique que si Internet et les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus grande dans nos vies, ils sont également « sources de dangers et de dérives comme le revenge porn, les messages sexuellement explicites et non sollicités, les avances déplacées, les tentatives de piratage des comptes réseaux sociaux, les menaces de violences physiques et/ou sexuelles, etc. »

« Internet et les réseaux sociaux peuvent être des lieux de libération de la parole des femmes, comme cela a été mis
en évidence par l’émergence des mouvements tels que MeToo et #BalanceTonPorc. Malheureusement, il s’agit aussi de lieux où les femmes font face à de nombreuses violences. Les violences à l’égard des femmes en ligne constituent un obstacle majeur à ce qu’elles puissent être présentes et actives sur les espaces publics en ligne, autrement dit sur internet et les réseaux sociaux. Par conséquent, lutter contre les violences sexistes en ligne représente un réel enjeu féministe : les femmes ont le droit de s’approprier l’espace public numérique au même titre que les hommes. »

De nombreux outils, témoignages, capsule vidéo, sont disponibles, afin de mieux appréhender le phénomène.


9% des travailleurs et travailleuses belges sont confrontés au cyberharcèlement au travail

selon une étude de la KU Leuven et d’IDEWE

Inégalités structurelles

Le 25 novembre, c’était la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une journée dédiée aux trop nombreuses femmes et filles victimes de cette violence.

Le sexisme n’est que la partie visible d’un phénomène beaucoup plus profondément ancré : l’inégalité structurelle entre les sexes. Cela commence par des propos ou des plaisanteries à caractère sexuel, par l’adhésion tacite à des stéréotypes de genre, par une inégalité de traitement et de chances… Un continuum de la violence qui peut, malheureusement, évoluer vers des agressions, des viols, des meurtres. En Belgique, en 2021, on compte déjà 18 féminicides.

Quelques chiffres

  • Selon une étude conjointement menée par les universités de Liège et de Gand*, plus de 80 % des femmes subissent des violences à caractère sexuel au cours de leur vie. On parle ici de tout type d’agression sexiste, qu’elle soit physique, verbale, psychologique, en ligne
  • Plus précisément, selon l’étude : environ quatre femmes sur cinq (78 %) ont déclaré avoir subi une forme de violence sexuelle sans contacts physiques avec l’auteur, au cour de leur vie. Deux femmes sur cinq (41 %) ont indiqué avoir été victimes d’une forme de violence sexuelle impliquant des contacts physiques. Pour 19 % des femmes, il s’agissait d’un viol.
  • En Belgique, la violence conjugale touche un couple sur huit. (Source : FRA, agence européenne pour les droits fondamentaux). Dans l’Union européenne, une femme sur cinq (22%) a été victime de violence physique et/ou sexuelle de la part de son partenaire ou ex-partenaire, depuis l’âge de 15 ans (Amnesty international).
  • Chaque année en Belgique, plus de 45.000 dossiers liés à des violences conjugales sont enregistrés par les parquets.

Le 28 novembre, la FGTB participait, aux côtés de l’ensemble des actrices et acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes, à l’événement « STOP aux violences faites aux femmes », au Mont des Arts, à Bruxelles.

*(UN-MENAMAIS : Compréhension des Mécanismes, Nature, Magnitude et Impact de la Violence Sexuelle en Belgique)

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