Dans une économie mondialisée, l’action syndicale ne s’arrête pas aux frontières nationales. Les multinationales organisent leur production à l’échelle mondiale, tandis que les décisions en matière d’investissements, de conditions de travail et d’emploi sont de plus en plus souvent prises loin des travailleurs et travailleuses. Les syndicats doivent donc eux aussi coopérer au-delà des frontières pour se renforcer.
C’est dans cet esprit que Patrick Rehan, coprésident de la FGTB Horval, et Conny Demonie, secrétaire régionale de Horval Flandre-Occidentale, se sont rendus en juillet au Salvador et au Honduras avec des représentants de l’ONG belge FOS.
El Salvador : le syndicalisme sous pression
Au Salvador, l’espace politique et social s’est considérablement réduit ces dernières années. Sous la présidence de Nayib Bukele et dans le contexte de l’état d’urgence qui se prolonge, les défenseurs des droits humains, les organisations de la société civile et les voix critiques sont de plus en plus sous pression.
L’action syndicale y est également entravée. Pourtant, les travailleurs et travailleuses continuent de s’organiser. Le syndicat STIBYSS, actif dans l’industrie des boissons et des secteurs connexes, a obtenu sa pleine reconnaissance légale en 2023. Mais le patronat a toutefois engagé une procédure administrative visant à faire annuler sa reconnaissance. Cette procédure est toujours en cours.
La délégation s’est entretenue avec les syndicats salvadoriens au sujet de leur situation et des stratégies à mettre en place. Mais le travail décent ne se limite pas aux seules conditions de travail. Lors de visites dans des communautés locales, il est apparu clairement à quel point la sécurité alimentaire, l’agriculture durable et l’autonomie économique sont importantes. La production alimentaire à petite échelle permet aux familles non seulement de disposer d’un revenu, mais aussi de bénéficier de davantage de sécurité et d’autonomie. Une attention particulière est accordée à la position des femmes et à leur indépendance économique.
Honduras : pauvreté et lutte syndicale
Le Honduras est lui aussi marqué par de fortes inégalités économiques et sociales. La pauvreté et l’insécurité alimentaire y restent profondément ancrées et sont aggravées par le changement climatique et l’incertitude économique.
Depuis plusieurs années, la FGTB Horval et FOS y développent des liens de solidarité avec les syndicats et les organisations de la société civile. Lors des échanges avec l’USTABH, le réseau d’organisations syndicales actif notamment dans les secteurs des boissons, de la banane, du sucre et du melon, les mêmes problèmes revenaient systématiquement : sous-traitance, répression syndicale, contrats de travail précaires et accès insuffisant à la protection sociale.
Dans le même temps, la délégation belge a pu constater la détermination qui anime les travailleurs et travailleuses. Un exemple marquant est celui de la plateforme des femmes syndicalistes. Depuis plusieurs années, elles militent pour la ratification de la Convention n° 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.
Leur combat est aussi le nôtre
Pourquoi la FGTB Horval investit-elle dans la solidarité internationale ? Parce que les travailleurs du monde entier sont de plus en plus confrontés aux mêmes acteurs économiques. Les multinationales peuvent déplacer leur production vers des pays où les salaires sont plus bas, où la protection sociale est plus faible et où les syndicats disposent de moins de marge de manœuvre.
La solidarité internationale n’est pas de la charité. C’est du syndicalisme ! Se rencontrer, échanger, partager les connaissances et élaborer ensemble des stratégies renforce les syndicats en Belgique, au Salvador, au Honduras et partout où les travailleurs et travailleuses s’organisent pour défendre leurs droits.
Le capital ne connaît plus de frontières depuis longtemps : notre solidarité ne doit pas en connaître non plus.
