« Protéger celles et ceux qui portent secours »

« Protéger celles et ceux qui portent secours »

Affichées sur l’écran, des images d’ambulances dévastées. « Ces ambulances que l’on voit ici en Palestine n’ont pas été détruites par accident. Ces convois de collègues humanitaires en Ukraine ou à Gaza ont été délibérément pris pour cible, pour rompre la solidarité qui existe entre les peuples. Car, oui, voilà la réalité alarmante et inacceptable dans laquelle on vit : celles et ceux qui portent secours sont de plus en plus souvent eux-mêmes tués, blessés, kidnappés. » C’est par ces mots qu’Olivier Vandecasteele a débuté son intervention lors du Congrès de la FGTB, le 11 juin dernier. Un témoignage fort, lucide et profondément humain qui a constitué l’un des moments les plus marquants de ces deux journées de congrès.

Né à Tournai, Olivier Vandecasteele, 44 ans, a consacré plus de vingt ans de sa vie à l’action humanitaire. Il est intervenu dans certains des contextes les plus difficiles au monde, notamment lors d’urgences sanitaires en Afghanistan et au Mali, ainsi qu’auprès de réfugiés et de migrants au Maroc et en Iran. Après avoir occupé des fonctions de direction pour plusieurs ONG internationales, sa vie bascule lorsqu’il est arrêté puis détenu arbitrairement en Iran pendant 456 jours. Il est victime de détention arbitraire, de disparition forcée et de torture.


« Celles et ceux qui portent secours sont de plus en plus souvent eux-mêmes tués, blessés, kidnappés. »

— Olivier Vandecasteele, Humanitaire

Transformer l’épreuve en engagement

À sa libération, Olivier Vandecasteele a refusé de laisser cette expérience le définir. Il a choisi de la transformer en combat collectif en créant Protect Humanitarians, une organisation dédiée à la protection des travailleuses et travailleurs humanitaires à travers le monde.

Son constat est simple : alors que les crises humanitaires se multiplient, celles et ceux qui viennent en aide aux populations sont eux-mêmes de plus en plus souvent visés. Attaques ciblées, enlèvements, violences, assassinats : les principes fondamentaux du droit humanitaire sont régulièrement bafoués.

Face à cette réalité, Protect Humanitarians agit sur plusieurs fronts. Elle mène un travail de plaidoyer auprès des décideurs politiques et la sensibilisation du grand public. Sur le terrain, elle propose l’aide d’urgence médicale, psychologique, matérielle et juridique aux humanitaires victimes de violences. De plus, l’organisation partage de bonnes pratiques entre experts sur la santé mentale, le soutien psychosocial et le devoir de protection des organisations. Enfin, elle accompagne juridiquement les victimes et leurs familles dans leurs démarches pour obtenir justice.

Aujourd’hui, l’organisation apporte déjà un soutien concret à de nombreux travailleurs humanitaires confrontés à la violence ou à l’arbitraire.

Défendre la solidarité

Au-delà des chiffres et des missions, le message porté par Olivier Vandecasteele résonne particulièrement dans une période où les acteurs de la solidarité sont attaqués dans de nombreuses régions du monde. ONG, syndicats, associations, défenseurs des droits humains ou journalistes sont de plus en plus souvent présentés comme des obstacles plutôt que comme des piliers de la démocratie.

Son intervention a trouvé un écho particulier parmi les participantes et participants au congrès. Beaucoup ont été touchés par ce rappel essentiel : la solidarité n’est jamais acquise. Elle doit être défendue, protégée et incarnée.

À travers Protect Humanitarians, Olivier Vandecasteele porte un message à la fois simple et fondamental : protéger celles et ceux qui portent secours, c’est protéger notre humanité.

Comment soutenir Protect Humanitarians ?

L’association invite toutes les personnes souhaitant contribuer à son action à se mobiliser de différentes manières :

  • – en soutenant financièrement ses activités ;
  • – en organisant des collectes de fonds ;
  • – en contribuant à faire connaître son travail ;
  • – en développant des collaborations et des partenariats ;
  • – en signant des pétitions. Comme celle de Saadia Mosbah, humanitaire de 66 ans arbitrairement détenue en Tunisie.

Léonard Pollet
Rédacteur, Syndicats Magazine à FGTB |  Plus de publications

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