Edito | Cet hiver, un plaid et un gros pull ?

Edito | Cet hiver, un plaid et un gros pull ?

« 10 conseils pour économiser l’énergie ». « Des gestes simples pour payer moins ». Entre baisser le chauffage d’un degré, passer un pull en plus ou prendre des douches plus courtes, on lit encore çà et là des articles pratiques sur les différentes manières d’économiser quelques euros…

Aujourd’hui pourtant, l’heure n’est plus aux économies de bouts de chandelle. Chacun a déjà réduit sa consommation, le message est passé, merci. Et dans de nombreux ménages, on ne peut plus se permettre d’effort supplémentaire, au risque de mettre sa santé, en péril.

Aujourd’hui il faut des réponses structurelles, immédiates. L’échec de la libéralisation de l’énergie est flagrant. L’État doit reprendre le contrôle du secteur de l’énergie. Il faut bloquer les prix. Et entendons-nous bien : à un prix accessible, pas aux tarifs actuels.

Plus de salaire, moins de factures

Car il n’est plus question de vague inquiétude. Mais d’angoisse. Tant les factures qui tombent que les prévisions pour cet hiver génèrent un vent de panique au sein de la population. « On ne craint plus la fin du mois, mais la fin de la semaine », entend-on. D’aucuns calculent aujourd’hui que le fameux « risque de pauvreté » pourrait s’étendre à 40% de la population belge. Voici des mois que nous évoquions cette possibilité. Le monde du travail étouffe. Les « travailleurs pauvres », et celles et ceux qui bouclent tout juste les fins de mois sont prêts à sombrer. Un gouffre plus bas.

C’est pour ça que l’indexation automatique des salaires et des allocations doit absolument être préservée, protégée. Et que le tarif social pour l’énergie doit être élargi au plus grand nombre.

C’est pour ça aussi, et nous le martelons depuis deux ans, que les salaires doivent augmenter. Il ne s’agit pas d’un vœux pieu. Tout est payable si on va chercher l’argent où il est. En taxant les surprofits, notamment des entreprises énergétiques, ce sont des milliards d’euros qui peuvent rentrer dans les caisses de l’état, et servir à soulager les ménages.

Ont-ils raté un épisode ?

Le message des politiques, chez nous et ailleurs, ferait sourire s’il n’était pas désespérant. Entre un Macron qui annonce la fin d’une certaine « abondance », et un De Croo qui évoque la perspective de « cinq à dix hivers difficiles », on est en droit de se demander si nos dirigeants n’ont pas raté un épisode. Le dernier Codeco et ses mesurettes, ont laissé perplexe. Car la crise ne date pas d’aujourd’hui. L’appauvrissement de la population est une réalité qui a été soulignée à maintes reprises, notamment durant la crise covid. De quelle abondance parle-t-on encore, quand on nous sert par ailleurs la « crise » et l’ « austérité » depuis des décennies ? Ce qui est réel par contre, c’est la défiance, la colère de plus en plus profonde de la population envers le politique.

Des factures jamais vues

Ignorer cela, c’est offrir une voie royale aux discours populistes et extrêmes. Ignorer cela, c’est aussi, pour le gouvernement, prendre un risque de voir la population se soulever.  Notre dernière manifestation a réuni 80 000 travailleurs, inquiets pour leur pouvoir d’achat. C’était le 20 juin. Depuis, la situation a pris une tournure encore plus grave, plus angoissante. Jour après jour, la situation se dégrade. Les prix augmentent, même ceux de la nourriture et des produits les plus essentiels. Le risque de chômage économique est grand. On nous annonce des factures de gaz jamais vues, jamais imaginées.

C’est l’heure des réponses. Concrètes. La situation est explosive. Des actes doivent être posés, pour le pouvoir d’achat, pour le pouvoir de vivre dignement. C’est pour cela que nous serons à nouveau dans la rue le 21 septembre. Rendez-vous dès 10h, place de la Monnaie à Bruxelles. De là, la manifestation se rendra au siège de la FEB. Nous continuerons à mettre la pression lors de la grève générale interprofessionnelle le 9 novembre.

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