Deux années de mobilisation pour de meilleurs salaires

Deux années de mobilisation pour de meilleurs salaires

Depuis janvier 2021, la FGTB se mobilise pour modifier la loi de 96, qui empêche les syndicats de négocier la part qui revient légitimement aux salaires des travailleurs et travailleuses. Retour sur ces deux années de lutte.

En 2021

Janvier 2021, avant que le Conseil central de l’économie (CCE) ne remette son rapport et un chiffre qui fixe la fameuse marge maximum autorisée, le front commun syndical demande une norme indicative. Ce serait faire preuve de souplesse, en faveur des travailleurs que de permettre des augmentations salariales dans les secteurs qui ont bien fonctionné durant la période covid. Mais, alors que des dérogations s’appliquent dans beaucoup de domaines pour cause de Covid, il n’y aura pas de régime d’exception pour les travailleurs. Ce sera 0,4 % maximum pour tout le monde. Y compris dans les entreprises qui engrangent des bénéfices. Dans le monde du travail, c’est l’incompréhension totale.

12 février : actions FGTB dans les entreprises. Suivies d’actions en front commun dans toutes les régions. Il faut modifier cette loi obsolète qui écrase les salaires et réduit à néant notre liberté de négociation. Le message est clair.

29 mars : grève interprofessionnelle. Celle-ci obligera les patrons à découpler l’enveloppe Bien-être des négociations AIP. 700 millions seront obtenus et répartis pour augmenter les allocations sociales. C’est une première victoire. Mais les salaires restent dans l’impasse.

Mai : les centrales professionnelles, en front commun, annoncent des grèves sectorielles si on ne nous donne pas la possibilité de négocier des augmentations au-delà de 0,4 %.

13 juillet : concentration de militants FGTB à la gare centrale.

Septembre : la FGTB lance sa campagne « de l’air pour les salaires ! » et la décline sous toutes les formes pour défendre le pouvoir d’achat : justice fiscale, égalité salariale, prix de l’énergie, pension minimum. Les travailleurs ont besoin de respirer !

8 juin : Il n’y aura pas d’AIP sur les salaires, mais un accord social, avec une avancée significative pour le salaire minimum et quelques avancées concernant les fins de carrière.

6 décembre : manifestation en front commun syndical à Bruxelles.

Le retour de la loi du plus fort

Le constat s’impose de lui-même. Si la loi ne change pas, ce sera impossible de conclure des accords interprofessionnels (AIP) dignes de ce nom à l’avenir. Ce qui est forcément dommageable pour la solidarité entre tous les travailleurs du pays. Pour rappel, l’AIP est un accord solidaire qui permet aux secteurs les plus faibles d’obtenir des avancées via les négociations interprofessionnelles. Si ce niveau est contourné, c’est le retour de la loi du plus fort. L’esprit de la négociation interprofessionnelle n’existe plus.

En 2022

Janvier : lancement de la pétition citoyenne en front commun syndical pour modifier la loi de 1996. L’objectif est d’atteindre 25.000 signatures afin d’en faire un point de débat au Parlement. En 3 semaines, les 25.000 signatures sont atteintes. Le 31 mars, on clôture la pétition avec près de 90.000 personnes qui ont accompli les démarches en ligne, à l’aide de leur carte d’identité. Des milliers d’autres signatures seront récoltées sur papier, même si elles ne seront pas comptabilisées par le Parlement.

Avril : actions de sensibilisation dans les régionales afin de préparer la manifestation nationale du mois de juin.

20 juin : 80.000 personnes se rendent à la manifestation syndicale à Bruxelles. C’est la première grande mobilisation de rue depuis la pandémie.

29 juin : audition des syndicats au Parlement… Pour la première fois, les travailleurs mettent directement la question de leur salaire à l’ordre du jour de la Chambre. Les trois syndicats développent un argumentaire dont la qualité est saluée par tous les partis. Et pourtant, à ce jour, il reste classé sans suite…

21 septembre : mobilisation FGTB pour modifier la loi de 1996 à Bruxelles. Nos revendications : une marge indicative et la liberté de négocier, le maintien de l’indexation automatique et le refinancement des services publics.

Grève générale interprofessionnelle en novembre

La balle est dans leur camp. Ni le gouvernement, ni les employeurs ne pourront dire qu’ils sont surpris. Le jour de la grève, les patrons  parleront peut-être de « prise d’otages », d’irresponsabilité, de danger pour l’économie, pour les entreprises.   

La grève est l’aboutissement d’un plan d’action cohérent que nous venons de détailler. En touchant aux intérêts économiques, en paralysant l’activité, nous montrons qui crée la richesse du pays. C’est notre ultime moyen de pression et nous en sommes là parce que le reste n’a malheureusement pas fonctionné.

La grève est un droit démocratique fondamental, aujourd’hui menacé par plusieurs décisions de justice. Si notre dernier avertissement n’est pas entendu, nous exercerons ce droit.

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