Les troubles musculo-squelettiques, facteurs d’inégalités entre les genres ? 

Les troubles musculo-squelettiques, facteurs d’inégalités entre les genres ? 

Les problèmes de santé au travail sont en constante augmentation. Se faire mal au travail est aujourd’hui monnaie courante.  Cela ne signifie pas que les travailleurs sont plus fragiles qu’il y a 20 ans, mais plutôt que les conditions de travail se détériorent, entre les rythmes qui s’accélèrent et la pression qui augmente, la santé des travailleuses et des travailleurs en prend un coup: maux de dos, tendinites, douleurs à la nuque ou aux épaules, syndrome du canal carpien… ces maux, regroupés sous le terme générique de troubles musculo-squelettiques (TMS) sont aujourd’hui devenus une problématique centrale de la santé au travail. Mais les femmes et les hommes sont-ils égaux face aux TMS ?

3/5 des invalides sont des femmes

Selon l’enquête sur les conditions de travail réalisée par la fondation de Dublin, les femmes et les hommes sont généralement autant exposés aux différents facteurs de risques de TMS, à l’exception des travailleurs qui portent des charges lourdes. On pourrait donc imaginer une fréquence de TMS équivalente chez les hommes et les femmes. Or, si on analyse le nombre d’invalides sur base du genre, on observe que parmi les malades de plus d’un an pour cause de TMS, 3/5e sont des femmes (75.000 sur 125.000).

Et la reconnaissance comme maladie professionnelle? 

La prévention reste la priorité, mais quand la maladie est là, il est essentiel qu’elle soit reconnue comme maladie professionnelle, ce qui offre au travailleur une meilleure indemnisation. Prenons l’exemple des tendinites, qui sont les TMS les mieux reconnus. On avait en 2019 pratiquement le même nombre de demandes entre les hommes et les femmes (1282 et 1277). Par contre, lorsqu’on regarde les reconnaissances, on observe 30 % de refus de plus chez les femmes que chez les hommes pour ces mêmes tendinites (856 refus pour 668 chez les hommes).

La Belgique n’est pas une exception, les mêmes observations sont faites en Europe, mais aussi au  Canada ou en Australie: les femmes sont moins bien reconnues en maladie professionnelle sans que cela soit justifié. Se battre pour l’égalité hommes/femmes aujourd’hui c’est malheureusement aussi se battre pour une reconnaissance en maladie professionnelle plus juste ! 

Vous souhaitez en savoir plus sur la procédure de demande de reconnaissance en maladie professionnelle ? Rendez-vous sur le site www.accg.be

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