Travailleuses du domicile | « Qui sème la misère, récolte la colère ! »

Travailleuses du domicile | « Qui sème la misère, récolte la colère ! »

Un billet de la FGTB-Horval

Essentielles, essentielles, traitez-nous comme telles! », scandaient les travailleuses de terrain des secteurs de l’Aide à domicile et des Titres-services, le 29 avril dernier à Namur. Ces travailleuses sont dans l’obligation d’utiliser leur véhicule personnel pour effectuer leurs déplacements chez les clients/bénéficiaires. Obligation additionnée à la crise énergétique et aux prix exorbitants des carburants. En bref, la situation est encore plus ingérable qu’elle ne l’était auparavant.

Le 29 avril dernier, les travailleuses du domicile wallonnes étaient près de 400 à se réunir devant le cabinet de la Ministre socialiste Christie Morreale, ministre de tutelle pour les secteurs de l’Aide à domicile et des Titres-services. Leur objectif : dénoncer le fait qu’elles soient obligées de financer leur propre outil de travail. En effet, ces travailleuses – qui effectuent de nombreux déplacements sur la journée – doivent posséder un véhicule et payer elles-mêmes toutes les charges inhérentes à son utilisation : carburant, assurance, entretien… De quoi rendre la note très salée et les fins de mois compliquées.

Casse-tête tous les jours

Cela fait des mois que la FGTB Horval reçoit de nombreux témoignages de ces travailleuses. Elles sont contraintes de faire des choix en fin de mois. Elles se voient parfois même dans l’obligation de se mettre en arrêt parce qu’elles ne savent plus faire le plein de leur véhicule. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs pris la parole lors de cette action. Anna Garganis, déléguée FGTB Horval WAPI et aide-ménagère titres-services, témoigne :

« Je travaille dans les titres-services depuis 13 ans. Malgré nos douleurs et la pénibilité au travail, nous continuons à être sur le terrain. Impossible de faire autrement, les fins de mois sont difficiles. Le remboursement du prêt de la voiture, les réparations, et maintenant l’augmentation de l’énergie et du carburant. Dans nos secteurs, nous avons des collègues qui sont mamans solo : casse-tête tous les jours pour nourrir ses enfants, mettre du carburant dans la voiture, tout en croisant les doigts qu’on puisse finir le mois… Financièrement et avec la santé. Nous sommes toutes et tous au bout du rouleau, payer pour aller travailler c’est inacceptable ! Madame la Ministre, nous méritons du respect, nous voulons un pouvoir d’achat juste afin de pouvoir vivre dignement ! »

Défendre les intérêts de ces travailleuses

Malgré les interpellations incessantes des travailleuses, le discours tenu par la Ministre n’apporte aucune solution concrète à la situation vécue par les travailleuses. Pire, la Ministre n’avait pour seule et unique réponse qu’une vieille rengaine néo-libérale : il n’y a pas d’alternative.

Si la Ministre considère qu’il s’agit d’une compétence fédérale et qu’elle ne peut être «  le tiroir-caisse du gouvernement fédéral », elle est pourtant la Ministre de tutelle des secteurs concernés. C’est donc de sa responsabilité d’en défendre les intérêts, à tous les niveaux de pouvoir, particulièrement lorsqu’il s’agit de secteurs aussi essentiels à notre société.

Pour la FGTB Horval, il est urgent de trouver d’une part des solutions à court terme qui puissent répondre à la problématique de la hausse des prix du carburant. D’autre part, il faut dégager des mesures structurelles pour le secteur afin que les travailleuses ne soient plus dans l’obligation de financer leur outil de travail. La FGTB Horval continuera à multiplier les actions et construire le rapport de force pour s’assurer que la revendication des travailleuses soit entendue.

Pendant que tous les politiques continuent de se rejeter de la balle, les travailleuses, elles, continuent de s’appauvrir. Un réveil de certains d’entre eux s’avère plus que nécessaire.

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