« Notre combat est indissociable de celui d’autrefois »

« Notre combat est indissociable de celui d’autrefois »

Fin mars, le mouvement syndical a commémoré la révolte ouvrière de 1886 à Roux. « Les martyrs de Roux ne sont pas tombés pour que nous baissions la tête. »

Chaque 27 mars, les syndicats sont au rendez-vous. À Roux, près de Charleroi, syndicalistes, militant·es et sympathisant·es se rassemblent pour rendre hommage aux ouvriers tombés lors de la révolte sociale de 1886. Cette année encore, plus de 300 personnes ont répondu à l’appel.


À la fin du XIXe siècle, la région est l’un des cœurs industriels du pays. Mineurs, verriers et métallurgistes y travaillent dans des conditions extrêmement dures : salaires de misère, journées interminables, travail des enfants. La colère éclate. La répression sera sanglante. Le 27 mars 1886, dix-neuf ouvriers sont abattus par la police et l’armée. On les appellera les « martyrs de Roux ».

« Une extrême droite sans complexe »

La commémoration a débuté à la gare de Roux par plusieurs prises de parole. Lorsqu’il était président de la section bruxelloise de la Centrale Générale, Bert Engelaar était toujours présent à cette commémoration. Cette année, il prend la parole pour la première fois en tant que président de la FGTB : « Les dix-neuf de Roux ont été assassinés, non pas parce qu’ils étaient dangereux, mais parce qu’ils se sont rebellés », rappelle-t-il. « Notre combat est indissociable de celui d’autrefois. Et nous ne mènerons pas ce combat en silence. »

Pour lui, l’histoire garde toute son actualité. « La lutte contre l’extrême droite, contre les politiques de division et d’hostilité, est loin d’être terminée. Aujourd’hui, l’extrême droite se montre de plus en plus décomplexée, en Belgique comme ailleurs en Europe. Et elle s’attaque systématiquement au mouvement syndical et aux droits du monde du travail. Le visage social dont il se pare n’est qu’une mince couche de vernis. »

Des conditions de travail dignes du Moyen Âge

Les luttes d’aujourd’hui ne sont plus celles de 1886. Il y a 140 ans, les travailleurs – mineurs, verriers, métallurgistes – se sont révoltés contre des conditions de travail dignes du Moyen Âge, des salaires indignes et le travail des enfants. Aujourd’hui, la menace vient d’un gouvernement de droite qui s’attaque systématiquement aux conquis sociaux de la classe ouvrière.

« Le danger ne vient plus des fusils », poursuit Bert Engelaar. « Il prend aujourd’hui la forme des algorithmes, de la surveillance, de la politique du diviser pour régner et d’un gouvernement de droite qui s’attaque aux acquis sociaux. Les martyrs de Roux ne sont pas tombés pour que nous baissions la tête. Nous ne laisserons pas un gouvernement de droite façonner notre avenir. Tant qu’il y a de l’espoir, rien n’est perdu. »


« Nous ne laisserons pas un gouvernement de droite façonner notre avenir. Tant qu’il y a de l’espoir, rien n’est perdu. »

— Bert Engelaar, Président de la FGTB

La commémoration s’est conclue par la traditionnelle reconstitution historique de l’ouverture du feu sur les manifestants, suivie d’un dépôt de fleurs au monument aux morts.

Geeraard Peeters
Journaliste, Syndicats Magazine à FGTB |  Plus de publications

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