« Les syndicats, la voix de tout le peuple bolivien »

« Les syndicats, la voix de tout le peuple bolivien »

Début du mois d’avril, une délégation de travailleuses et travailleurs boliviens soutenus par la FGTB Horval était en visite en Belgique. Ils nous ont dressé un portrait du monde du travail dans leur pays.

Les syndicats en Bolivie, un contre-pouvoir

En discutant avec les représentants de la Confédération Générale des Travailleurs Manufacturiers de Bolivie (CGTFB) et de la Fédération des Travailleurs du secteur Horeca (FSTGB), on se rend vite compte de l’importance des syndicats dans la vie politique bolivienne. Considérant que les travailleurs sont les premiers à souffrir quand la démocratie faillit, les syndicalistes multiplient les espaces de dialogue social et politique. Ils sont très représentatifs, puisque plus de 40% de la population est syndiquée.

Ils sont capables d’organiser de grandes mobilisations, voire de bloquer tout le pays lorsque les droits des travailleurs et des travailleuses sont en péril. Selon Limberth Fernandez Coronado, Secrétaire Général de la CGTFB, cela va même plus loin : « Les syndicats ne représentent pas seulement les travailleurs mais sont la voix de tout le peuple bolivien ».

La formation des représentants syndicaux

Avec une telle vision, il n’est pas étonnant de découvrir une forte volonté de formation des responsables syndicaux. Pendant longtemps, ceux-ci étaient autodidactes : il existait peu d’espaces de formation.

Mais les choses ont évolué. A côté du secteur minier et des syndicats paysans, le secteur manufacturier est un des plus importants du pays. La CGTFB représente ainsi environ 15% des travailleurs et travailleuses en Bolivie. Il est donc essentiel pour le secteur d’avoir des leaders bien formés et capables d’influencer les politiques du travail. Le secteur a réussi, avec l’appui de la coopération syndicale internationale, à mettre sur pied une école de formation politico-syndicale structurée. Elle est présente dans les 9 départements du pays et reconnue par le Ministère de l’Education. Cette école est devenue la matrice de connaissance des leaders syndicaux de tout le pays. Elle leur donne les outils de base sur les droits du travail, la sécurité sociale et le plaidoyer politique.

Les travailleuses boliviennes s’organisent

En Bolivie, le monde du travail est encore très marqué par le machisme. Beaucoup de femmes sont soumises à l’exploitation. Dans les entreprises et dans leur ménage.

Il n’y a pas d’équité de genre, les femmes gagnent très peu et atteignent rarement des postes à responsabilités.

Giovana Marcela Ugarte Cuba, première Secrétaire générale de la FSTGB

Il est important que les femmes puissent prendre une part active dans la vie syndicale et politique du pays. En partenariat avec REMTE[1], l’école de la CGTFB dispense des cours aux femmes pour qu’elles prennent connaissance de leur droits et puissent les défendre. Désormais, les femmes s’organisent davantage en groupe pour faire valoir leurs revendications. Dans les ministères comme dans la rue. « Être ensemble et unies pèse plus », conclut Jacqueline Betty Machicado de la FSTGB.

Un travail décent, ici et ailleurs  

Depuis 2017, Solsoc, FOS et la FGTB Horval soutiennent des projets sociaux et syndicaux en Bolivie dans le cadre du programme « Travail décent » (mené par FOS, IFSI et Solsoc). Dans son axe syndical, le programme contribue au renforcement de la Confédération Générale des Travailleurs manufacturiers de Bolivie, présente par le biais de l’école d’éducation et de formation politico-syndicale dans les neuf départements du pays ; de la Fédération des Travailleurs du secteur Horeca (FSTGB) ; de la Fédération Nationale des Travailleurs Domestiques Salariés de Bolivie (FENATRAHOB) ; de la Confédération Nationale des Travailleurs Salariés de la Campagne Bolivienne (CNTAC-B) et leurs syndicats et fédérations affiliés.


[1] Le réseau REMTE Bolivie est composé d’organisations sociales, d’institutions, d’associations de femmes et de chercheuses. Il a pour mission de contribuer à une meilleure compréhension de l’économie par les femmes ; de promouvoir des alternatives et de formuler des politiques économiques équitables et durables susceptibles d’améliorer la vie des femmes.

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