De tout temps, les femmes ont arraché leurs droits par la lutte. Chaque avancée – le droit de vote, l’accès à l’éducation, à un salaire individuel, à la protection sociale, le droit de disposer de son corps – tout cela a été conquis, parfois temporairement, souvent relativement, mais toujours de haute lutte, face aux résistances du pouvoir et des conservatismes.
L’Histoire est limpide àce sujet : les droits des femmes ne tombent jamais du ciel. Ils se gagnent.
Aujourd’hui encore. Car partout dans le monde, les droits des femmes reculent là où la droite et l’extrême droite progressent. En Pologne, en Hongrie, aux États-Unis et ailleurs, les acquis sont remis en cause, parfois brutalement. Les mêmes discours reviennent : réduire les libertés, renvoyer les femmes à une place assignée, remettre en cause leur autonomie. Les masculinismes reviennent, les vieux diktats aussi : on sent le vent mauvais d’un retour en arrière organisé par une droite de plus en plus puante.
Il y a là une hypocrisie frappante.
Car les conservateurs aiment honorer les héros et héroïnes des luttes passées. Ils célèbrent volontiers celles et ceux qui ont résisté hier. Mais ils méprisent, combattent ou ignorent celles et ceux qui résistent aujourd’hui. On glorifie la lutte une fois qu’elle est gagnée — mais on condamne celles et ceux qui la mènent encore. En oubliant qu’hier, le même bord persécutait déjà celles et ceux qui battaient le pavé pour le bien-être du collectif.
Aujourd’hui, en Belgique, où en est-on ? Les inégalités persistent et se creusent. Les femmes touchent – et toucheront – des pensions plus faibles, subissent davantage la précarité et les carrières interrompues. Derrière certains choix politiques se dessine une pauvreté fabriquée, qui frappe d’abord celles qui sont déjà précaires, celles qui s’en sortent « limite ». Celles qui cohabitent, celles qui dépendent déjà d’une situation, d’une allocation, de quelqu’un d’autre.
Nous ne baisserons pas les bras. Nous sommes syndicalistes, féministes, antifascistes.
Car l’histoire nous enseigne aussi autre chose : chaque recul peut être combattu lorsque les forces se rassemblent. Lorsque les travailleuses et travailleurs, les syndicats, les mouvements citoyens refusent la résignation.
Ces dernières semaines l’ont encore montré. Des milliers de personnes étaient dans la rue le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Des dizaines de milliers encore le 12 mars pour défendre la justice sociale.
Pour toutes et tous.
Face à un gouvernement qui divise, nous choisissons de rassembler. Les droits des femmes n’ont jamais été un cadeau. Ils ont toujours été le fruit d’un combat collectif. Et ce combat continue.
Avec vous. Toutes et tous.
