Nouvelle année, nouvelle équipe à la barre de la FGTB. De nouveaux accents. Un nouveau style, aussi, diront certains. Que l’on ne s’y trompe pas : notre socle reste intact. À la fois point d’ancrage et moteur. Le monde du travail se transforme, les réalités sociales évoluent, les parcours de vie se diversifient. Autrement dit, les besoins changent — et nous changeons avec eux. Car pour rester pertinent, il ne suffit pas de résister : il faut aussi construire, se renouveler et se projeter vers l’avenir.
Les attaques contre les droits sociaux nous imposent la vigilance, et l’action. Cela reste une part essentielle de notre mission. Mais la FGTB est plus qu’une organisation qui réagit aux politiques gouvernementales. La FGTB est un syndicat du quotidien. Une organisation qui aide les travailleuses et les travailleurs à surmonter les écueils de la vie : perte d’emploi, maladie, difficultés imprévues… mais aussi, tout simplement, à les informer sur leur salaire, leur carrière, leur pension. Bref : leur avenir. Ce travail de proximité, ce service rendu chaque jour aux membres, c’est notre coeur battant. Et c’est aussi une condition indispensable à la construction d’un rapport de force favorable au monde du travail.
La société devient plus complexe. Les formes de travail se diversifient. Les parcours professionnels sont moins linéaires. Fracture numérique, charge mentale, travail précaire, statuts hybrides et nouvelles formes de dépendance marquent le vécu d’un nombre croissant de personnes. Cela exige plus que des slogans et des mobilisations. Cela exige de la proximité, de l’expertise, de l’accessibilité. Et un syndicat capable d’évoluer avec la réalité de ses affiliés.
2026 doit donc aussi être une année de renouvellement. Une année où nous prenons le temps de nous regarder avec lucidité et exigence. Comment mieux toucher les travailleuses et travailleurs qui passent aujourd’hui entre les mailles du filet ? Comment renforcer encore nos services pour les rendre plus simples, plus rapides, plus proches des gens ? Comment faire en sorte que chaque affilié·e se sente reconnu·e, écouté·e et soutenu·e ? Et comment bâtir un syndicat qui ne se limite pas à protéger, mais qui ouvre aussi des perspectives d’avenir ? Qui donne de l’espoir ?
Le congrès de 2026 sera un moment clé. Pas être un point d’arrivée, mais un point de départ. Un moment collectif pour insuffler un nouvel élan à notre organisation. Une occasion de travailler ensemble à un modèle d’avenir pour la FGTB : un syndicat combatif, qui investit résolument dans l’accompagnement, la formation, l’innovation et la proximité. Un syndicat qui apporte des réponses aux grandes questions de notre époque. Parmi elles : la qualité du travail, le travail digne, la protection sociale, la redistribution, le climat, la numérisation et la démocratie.
Un tel projet d’avenir ne tombe pas du ciel. Il ne s’écrit pas par quelques-uns, mais se construit collectivement. Militantes et militants, délégué·es, permanent·es, collaborateur·rices, affilié·es : chacune et chacun détient une part de la réponse.
Le congrès doit être ce moment de convergence, où les voix se rencontrent. Non pour entériner l’existant, mais pour tracer ensemble la direction de ce qu’il reste à bâtir.
Nos affilié·es le méritent. Ils et elles méritent un syndicat qui les défend lorsque leurs droits sont attaqués. Ils et elles méritent tout autant un syndicat qui évolue avec leur vie, leur travail et leurs attentes. Un syndicat qui ne dit pas seulement ce contre quoi il se bat, mais qui montre aussi pour quoi il se bat. Pour la solidarité, dans une société en mutation. Pour une protection collective dans un monde de plus en plus individualisé. Pour l’humain dans une économie toujours plus dure. Un syndicat qui soit force de propositions et de changements.
2026 sera ainsi bien plus qu’une année de résistance. Ce sera une année d’approfondissement, de renouvellement et de préparation. Une année durant laquelle nous garderons le cap, tout en affinant notre boussole. La lutte continue.
La construction aussi. Ensemble.
