Encore plus de flexibilité dans le commerce ? Impossible !

Encore plus de flexibilité dans le commerce ? Impossible !

Pendant les vacances d’été, il est apparu que l’un des projets sur la table du Parlement était de maintenir les magasins ouverts jusqu’à 22 heures. Open VLD et MR plaident tous deux en faveur d’une nouvelle extension des heures d’ouverture des magasins. L’abolition du jour de repos obligatoire pour les travailleurs est également au menu. Le SETCa est évidemment opposé à ces propositions. Explications.

Les magasins peuvent déjà rester ouverts plus longtemps

Le débat n’est pas nouveau. Cela fait des années que les libéraux rêvent d’élargir les heures d’ouverture des magasins, et ils reviennent régulièrement à la charge avec cette idée. Leur raisonnement est que nous devons suivre la société de consommation 24/7. Le commerce électronique étant possible à tout moment de la journée, les magasins physiques n’ont qu’à suivre. Ils pourraient ainsi être plus concurrentiels. Les libéraux poussent même le cran plus loin et demandent la suppression du jour de repos hebdomadaire.

La réglementation actuelle offre pourtant déjà des plages d’ouverture relativement larges. En tant que consommateur, vous avez suffisamment d’occasions de trouver un bon moment pour faire vos courses. Selon la loi, un magasin peut être ouvert de 5 heures à 20 heures. Même jusqu’à 21 heures le vendredi. Il faut un jour de repos hebdomadaire. Il s’agit d’une période ininterrompue de 24 heures qui commence à 5 heures ou à 13 heures et se termine le jour suivant à la même heure. Un magasin peut donc être ouvert 91 heures par semaine.

En pratique, la plupart des magasins ouvrent leurs portes de 8 à 20 heures (21 heures le vendredi). Ceci représente donc, pour de nombreuses enseignes, 73 heures d’ouverture au total. Les magasins peuvent donc être ouverts plus de la moitié du temps sur base hebdomadaire s’ils le souhaitent. Pourquoi devrions-nous étendre ces plages d’ouverture si le potentiel n’est pas encore pleinement exploité ?

Plus de flexibilité signifie plus de pression

La pression sur les travailleurs est déjà à son comble. Le SETCa s’oppose donc à toute tentative de flexibiliser davantage les conditions de travail dans le commerce. Cela n’améliorerait en effet pas la situation du secteur, bien au contraire. Cela aurait inéluctablement un impact sur les travailleurs du commerce.

La pression sur les travailleurs est déjà à son comble. Cela n’améliorerait pas la situation du secteur, bien au contraire.

Il s’agit en outre d’un dangereux précédent, car il banalise le travail de nuit. Le travail de nuit est en principe interdit et n’est autorisé qu’exceptionnellement. Il existe déjà de très nombreuses exceptions à cette règle. « Parce que le client le veut » n’est pas une raison fondée pour encore autoriser une exception. Nous ne sommes pas certains non plus que le consommateur le veuille aussi vraiment. Il y aurait probablement autant de clients, mais de façon plus dispersée. Cela n’apporterait dès lors aucun bénéfice supplémentaire.

Mais surtout, comment les 200.000 travailleurs concilieront-ils ensuite leur vie professionnelle et leur vie privée ? Et la garde des enfants ? Et la sécurité ? Engagera-t-on davantage de personnes ou chacun pourra-t-il, malgré la charge de travail élevée, encore faire un effort supplémentaire ?

Concertation sociale

Enfin, tout ce qui touche aux heures d’ouverture et aux jours de repos a un impact sur les conditions de travail. Cette matière relève donc de la concertation sociale. Les politiques n’ont pas à s’en mêler. Les interlocuteurs sociaux du secteur traceront les lignes pour demain. Seules des solutions collectives négociées entre partenaires sociaux nous donneront les armes pour relever les défis futurs.  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Lire aussi x

Syndicats Magazine

GRATUIT
VOIR